« Email Diamant » : six prévenus rejugés en appel à Aix-en-Provence

Depuis mardi, six des vingt-quatre prévenus du dossier « Email Diamant » comparaissent devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Sous ce nom de code, l’enquête portait sur des circuits de blanchiment rattachés au gang corse du « Petit Bar ». Trois semaines d’audiences sont programmées.

Le premier cercle du clan n’est pas concerné par ce second examen, ses membres ayant accepté les peines fixées en mai 2025 par le tribunal correctionnel de Marseille. Après trois mois d’audiences au début de 2025, le noyau dur avait écopé de sanctions allant jusqu’à treize ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende pour Jacques Santoni, désigné comme chef présumé. Son état de santé, jugé incompatible avec une comparution, l’avait tenu éloigné du prétoire. Tétraplégique à la suite d’un accident de moto survenu en 2003, il est présenté comme un « parrain ». Mickaël Ettori, dit numéro 1 bis, avait reçu douze ans ; Pascal Porri, dix ans. Le groupe était accusé d’exercer une « emprise mafieuse sur l’économie et la politique de Corse-du-Sud ».

Parmi les prévenus rejugés figurent François-Xavier Susini, qui dirige plusieurs sociétés à Courchevel, et Anthony Perrino, à la tête du principal groupe immobilier de l’île et ancien président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud. Comparaissent aussi un intermédiaire spécialisé dans les opérations internationales, un beau-frère de Jacques Santoni et un marchand chinois d’Aubervilliers ayant convoyé des centaines de milliers d’euros en espèces. Le parquet de Marseille les a tous qualifiés de « financiers du Petit Bar ».

Contre Anthony Perrino, le parquet marseillais avait réclamé neuf ans d’emprisonnement. Le tribunal l’avait déclaré coupable d’abus de biens sociaux pour avoir mis à disposition un véhicule de son entreprise à l’usage exclusif de Mickaël Ettori, et de blanchiment en bande organisée d’une fraude fiscale portant sur 703 000 euros. La peine s’élevait à cinq ans de prison, dont trente mois assortis du sursis, le reliquat ferme sous bracelet électronique, plus 750 000 euros d’amende. L’accusation interprétait son amitié d’enfance avec les chefs du clan comme un « cheval de Troie » de la bande au sein de l’économie légale corse.

« Nous espérons que la cour d’appel parviendra à la même conclusion que celle du jugement rendu en première instance : Anthony Perrino n’a jamais fait partie d’une association de malfaiteurs », estime son défenseur, Me Julien Pinelli. Selon lui, les liens de son client avec le « Petit Bar » n’ont jamais dépassé le registre amical.

Frappé d’une interdiction de gérer de trois ans avec exécution provisoire, il avait dû abandonner séance tenante ses mandats de dirigeant. En 2021, il avait passé près de neuf mois en détention provisoire. Il disposait de 30 000 euros de revenus mensuels et possédait une collection de montres de luxe ainsi que des œuvres d’art.

Quant à François-Xavier Susini, relaxé en première instance, le parquet a interjeté appel. Les juges avaient écarté l’idée qu’il eût pris part à des montages de blanchiment du « Petit Bar » dans l’immobilier de Courchevel.



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