Mardi 22 septembre, à l’occasion de la conférence de rentrée de la Coordination rurale, son président Bertrand Venteau a annoncé que le syndicat inviterait les agriculteurs français à creuser des réserves d’eau, « que ce soit légal ou pas ».
« On va appeler tous les paysans français à creuser », a‑t‑il affirmé, estimant possible d’y consacrer « l’automne et l’hiver à creuser des ‘réserves collinaires’ ». Fort de 20 000 adhérents revendiqués, ce deuxième syndicat agricole avait déjà, durant l’été, exhorté les exploitants à ne pas appliquer les interdictions et restrictions d’irrigation liées à la sécheresse.
Destinée notamment à simplifier, y compris en zones humides, la construction d’ouvrages de stockage d’eau pour l’agriculture et à porter à deux fois leur niveau actuel les volumes stockés d’ici 2035, la loi d’urgence agricole a été adoptée au Parlement puis validée cet été par le Conseil constitutionnel.
Bertrand Venteau table « certainement » sur « une quatrième année de mobilisation ». Le syndicat a par ailleurs indiqué qu’il y aurait « certainement » un hiver de manifestations.
À l’appel de la section locale de la Coordination rurale, près de 200 agriculteurs se sont réunis lundi soir à Rodez (Aveyron) pour contester la hausse des prix des carburants. Devant le centre des finances publiques, ils ont déversé des pneus et placé deux radars routiers préalablement arrachés sur le réseau du département.
En fin d’après‑midi ce mardi, Bertrand Venteau doit rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui reçoit successivement les dirigeants des syndicats agricoles. Il portera deux priorités : un renfort d’aides face à la flambée du gazole et des clarifications sur le basculement vers l’agriculture des économies réalisées dans d’autres ministères, annoncé pour le prochain budget.
Pour François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, le plan d’aide d’un milliard d’euros dévoilé par le gouvernement début septembre reste « loin des pertes estimées », chiffrées à 10 milliards d’euros « pour le moment », alors que la sécheresse se prolonge en septembre dans de nombreuses régions.
Le syndicat réclame entre autres l’avance des aides de la politique agricole commune (PAC) et des prêts à taux zéro. Il plaide aussi pour une baisse des dépenses publiques de l’État et des collectivités, ainsi que des coûts des interprofessions et de divers organismes, afin d’orienter ces moyens vers l’agriculture.


