Le tribunal correctionnel d’Évry a infligé, mardi 22 septembre, cinq ans d’emprisonnement, dont un an assorti du sursis, à un surveillant du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Le jugement entraîne également un mandat de dépôt ; y sont jointes une amende de 20 000 euros et, pour quatre ans, une interdiction d’exercer dans la fonction publique.
David D., 50 ans, répondait de détournement de biens et de blanchiment. Il a admis avoir prélevé des cartouches réservées aux détenues pour les faire écouler à l’extérieur par un tiers déjà condamné. Mené depuis le magasin central où il était affecté, le trafic s’est poursuivi de janvier 2021 à novembre 2025. Le trafic lui a rapporté plus de 200 000 euros ; l’administration pénitentiaire évalue son préjudice à plus de 300 000 euros.
Dans son délibéré, la présidente du tribunal a considéré que le surveillant s’était cru « intouchable du fait des fonctions de sa sœur », directrice des affaires financières de l’établissement et sa supérieure hiérarchique. Elle a constaté qu’il avait « minimisé sa responsabilité » à l’audience, avec « une absence totale de remise en question ». Fonctionnaire depuis une quinzaine d’années, « il a méprisé l’intérêt général » et « porté atteinte à la confiance que ses citoyens et ses collègues doivent avoir » dans l’administration pénitentiaire, a-t-elle encore déclaré.
Le parquet avait demandé trois ans de prison ferme.
Pour blanchiment, son épouse, Sandrine D., a été condamnée à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis : elle avait profité des fonds en connaissance de cause. Poursuivie pour négligence et recel de détournement, sa sœur a été relaxée. Le parquet d’Évry a fait savoir à l’AFP qu’il entendait « interjeter appel de la décision de relaxe », en particulier pour les faits de « négligence ».
Me Hélène Jouny-Foucher, avocate du condamné, a indiqué à l’AFP que son client allait « probablement interjeter appel à titre conservatoire ».


