L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) a accompagné 1 765 personnes victimes d’agressions sexuelles commises dans l’Église catholique, sur les 1 969 qui se sont adressées à elle depuis sa création en novembre 2021. Le bilan définitif a été dévoilé mardi 22 septembre 2026, au terme de cinq années d’activité. La mission de l’instance s’est arrêtée le 31 août 2026.
Les victimes étaient toutes mineures au moment des faits. Les hommes représentent les deux tiers des personnes accompagnées. La majorité avait entre 6 et 15 ans au moment des faits.
L’Inirr a été créée à la suite du rapport de la commission Sauvé (Ciase), qui estimait à 330 000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église entre 1950 et 2020. Au 24 mars 2025, après trois ans, l’instance comptait déjà 1 580 contacts et 1 235 accompagnements.
Un dispositif permanent voulu par les évêques lui succède : l’Instance nationale indépendante d’accompagnement des personnes victimes dans l’Église, dite « Renaître ».
Ce bilan précède la visite en France du pape Léon XIV. Une étape prévue dimanche à Lourdes comprend une rencontre à huis clos avec sept victimes. La présidente de l’Inirr, Marie Derain de Vaucresson, a déclaré sur RMC : « On pourrait imaginer alors que la France a beaucoup avancé sur ces questions ces dernières années que la préparation d’une rencontre comme celle-ci soit ouverte à davantage de personnes. On aurait pu se dire que ça pouvait se faire en deux temps. Peut-être que 150 ou 200 personnes victimes peuvent échanger ensemble et se mettre d’accord sur une parole à porter auprès du Saint-Père. » Elle s’interroge sur ce format restreint et appelle à reconnaître le caractère systémique des violences.


