Les offres d’emploi chutent dans les métiers exposés à l’IA générative

Une étude des économistes Marie-Renée Andreescu et Eric Maurin, commentée mardi par l’économiste Thomas Breda, montre pour la première fois en France un net déclin des offres d’emploi dans les métiers les plus exposés à l’intelligence artificielle générative, en particulier l’informatique et les technologies de l’information et de la communication.

Entre la fin de 2023 et le début de 2026, le nombre de nouvelles offres publiées sur France Travail pour ces métiers a chuté de plus de 50 % relativement aux métiers peu exposés, tels que les jardiniers ou les infirmiers. Les embauches effectives ont reculé dans des proportions comparables.

La baisse débute au début de 2024, juste après le lancement de Copilot et de ChatGPT Enterprise, un an après le lancement de ChatGPT. Entre 2015 et la fin de 2023, les offres dans les métiers exposés et non exposés évoluaient de manière globalement parallèle. Le recul persiste au sein des grands secteurs d’activité, ce qui écarte les seuls effets conjoncturels.

Pour un ensemble plus large de 125 métiers moins directement exposés, comme les comptables ou les ressources humaines, représentant 15 à 20 % de l’emploi et des offres, la baisse relative atteint 25 % au début de 2026. En supposant les autres métiers épargnés, cela implique une baisse globale d’environ 5 % des nouvelles offres d’emploi au début de 2026 du fait de l’IA générative.

Thomas Breda estime que la chute des offres et des embauches s’accentue et soulève des doutes sur l’intégration des nouveaux entrants dans ces métiers. Il rappelle que Daron Acemoglu, prix Nobel d’économie 2024, s’est inquiété de l’impact de l’IA sur l’emploi lors d’une intervention le 31 août sur France Inter.



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