Londres soutient la limitation du veto à l’ONU pour crimes de masse

Dans un communiqué conjoint diffusé lundi 21 septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les ministres des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et Roberto Velasco Álvarez ont fait savoir que le Royaume-Uni s’était rallié à l’initiative franco-mexicaine destinée à encadrer l’usage du droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU lorsque des crimes de masse sont commis.

Avec cet appui, le nombre de pays ayant marqué leur adhésion s’élève désormais à cent vingt-huit. Après la France, Londres est le second titulaire d’un siège permanent au Conseil de sécurité qui souscrit de son plein gré à cet engagement. Près des deux tiers des 193 États membres de l’Assemblée générale sont désormais réunis.

Paris et Mexico se félicitent de la « nouvelle dynamique en faveur » d’une suspension du veto face aux génocides, aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre de grande ampleur. Au cours des quatre mois écoulés, vingt et un pays de plus — issus d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes — ont rejoint le dispositif, lancé conjointement par la France et le Mexique en 2015.

« Par leur soutien à cette déclaration politique, les États démontrent leur engagement à garantir que le Conseil de sécurité puisse pleinement exercer sa responsabilité première en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales », ont estimé Jean-Noël Barrot et Roberto Velasco Álvarez.

L’action du Conseil de sécurité se trouve souvent bloquée par l’emploi répété du veto, en particulier de la part de Moscou et de Washington, ce qui alimente les critiques visant la capacité de l’ONU à trancher les conflits.

Une source diplomatique avait confié, en mai, que si le seuil des deux tiers était atteint, une résolution pourrait être mise aux voix devant l’Assemblée générale. Même non contraignante, une telle adoption à cette majorité compliquerait sur le plan politique le recours au veto par un membre permanent dans ces situations extrêmes. Pour élargir encore le cercle des soutiens, la France et le Mexique ont toutefois renoncé à déposer un texte cette semaine. Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les États déjà engagés, alors même que leurs relations diplomatiques avec Paris sont aujourd’hui distendues.

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