Catherine Chabaud rencontre des pêcheurs dans l’Hérault et le Gard

La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, s’est rendue lundi 21 septembre dans l’Hérault puis dans le Gard pour discuter avec des pêcheurs de Méditerranée, au lendemain d’une semaine de mobilisation contre la hausse du gazole et des conditions de travail qu’ils jugent dégradées.

À Sète, elle a retrouvé dans une salle de la criée une partie de la délégation reçue jeudi à Paris. La rencontre, qui a réuni une soixantaine de professionnels, a permis de reprendre les sujets ouverts au ministère et d’en aborder d’autres.

Bertrand Wendling, de l’organisation de producteurs Sathoan, a indiqué à l’issue de la réunion que les échanges avaient porté sur « plus de détails » et sur « des points qui n’avaient pas été évoqués ». Il a évoqué un « travail collaboratif » à mener à « moyen terme » avec « les scientifiques, les professionnels, les services de l’État » en vue d’une « révision » du plan West Med « acceptable pour tout le monde ». Des discussions sont également prévues sur de nouvelles autorisations de pêche du thon rouge, réclamées par les professionnels méditerranéens.

Le plan West Med, qui encadre le chalutage au nom d’une pêche durable, est contesté par la profession : les pêcheurs le jugent trop restrictif, avec une limite de 100 sorties en mer par an, et inadapté, car il impose des mailles de filets qu’ils estiment trop larges et laissant échapper une grande partie des prises.

La ministre était attendue en début d’après-midi au Grau-du-Roi. Dans le port, de nombreux bateaux arboraient des banderoles « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » et « pêcheurs à l’agonie ».

À Cannes, une quinzaine de petits bateaux de pêche ont bloqué dès le matin le vieux port, où stationnent plusieurs dizaines de yachts. Gilles Dubbiosi, premier prud’homme de pêche de Cannes, a qualifié le mouvement de « pacifique » auprès de Nice-Matin, « histoire de marquer le coup ».

La semaine précédente, les pêcheurs méditerranéens s’étaient mobilisés pendant quatre jours, bloquant des dépôts pétroliers et des ports de Nice à Port-la-Nouvelle, en passant par Fos-sur-Mer. La protestation s’était calmée après une réunion de plus de six heures jeudi au ministère, à Paris. Le mouvement avait été déclenché par la flambée du prix du gazole, poste de dépense qui, selon les professionnels, rend l’activité non rentable. Ils dénoncent aussi un versement trop tardif des aides sur le carburant, des quotas de thon rouge jugés trop restrictifs et des charges administratives trop lourdes.

Samedi, des maires de ports méditerranéens, de Sète à Nice et jusqu’en Corse, ont apporté leur soutien dans une tribune commune. Ils ont appelé « les institutions européennes à ne plus rester insensibles à la détresse des pêcheurs méditerranéens » et affirmé que « la protection de la Méditerranée ne peut pas se penser sans celles et ceux qui y travaillent ».



Le Journal des Francais