Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce, se rendra à Pékin les 8 et 9 octobre pour poursuivre les pourparlers entre l’Union européenne et la Chine sur le rééquilibrage des échanges commerciaux, a déclaré jeudi 17 septembre un porte-parole de la Commission européenne.
Les Européens imputent pour l’essentiel à des pratiques jugées déloyales leur déficit commercial avec la Chine, estimé à environ un milliard d’euros par jour. Depuis plusieurs mois, Bruxelles dialogue avec les autorités chinoises pour désamorcer ces tensions à l’amiable. Figure également au dossier l’accès des entreprises européennes aux terres rares, matières premières stratégiques dont la production reste très majoritairement chinoise.
En répondant en juin à l’invitation du ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, M. Sefcovic avait dit espérer des résultats « concrets » en octobre. Jeudi, les deux responsables se sont entretenus plus d’une heure par visioconférence. Ils ont notamment abordé la gestion des exportations chinoises destinées à l’UE, l’ouverture du marché chinois aux Européens et les contrôles à l’exportation portant sur les terres rares.
« Si un engagement véritable demeure une priorité, il est tout aussi important d’obtenir des premiers résultats concrets lors de la deuxième session du Conseil du commerce et de l’investissement qui se tiendra à Pékin en octobre, session que le commissaire Sefcovic coprésidera, marquant ainsi le passage de la rhétorique aux résultats », a souligné Olof Gill, porte-parole de la Commission sur les questions commerciales.
Mercredi, devant le Parlement européen, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a rappelé qu’il fallait des « résultats » tangibles, faute de quoi l’UE serait contrainte de protéger son marché intérieur. « Nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour rééquilibrer notre relation. Parler, c’est bien. Agir, c’est mieux », a-t-elle déclaré. Elle a aussi souligné que le déficit commercial avec la Chine « s’élève aujourd’hui à un milliard d’euros par jour » et « a atteint un point de bascule », ajoutant que ce « choc chinois » entraîne « la désindustrialisation dans les bassins industriels de l’Europe ».
Au cours de l’année écoulée, face à la concurrence déloyale qu’elle impute à la Chine, la Commission a enchaîné les dispositions : doublement des droits de douane sur l’acier, taxe visant les petits colis en provenance de Chine, entre autres. Les États membres ont demandé à Bruxelles de durcir encore l’arsenal européen de défense commerciale si les discussions avec Pékin n’aboutissaient pas.


