Jean-Noël Barrot a appelé jeudi à ne pas céder à l’intimidation recherchée, selon lui, par Moscou, lors d’une intervention sur LCI.
« Attention à ne pas tomber dans le piège dans lequel Vladimir Poutine voudrait que nous nous trouvions, c’est-à-dire que nous ayons peur, que nous soyons intimidés … et que nous soyons interdits d’apporter notre soutien à la résistance ukrainienne », a déclaré le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Ses propos interviennent alors que des rumeurs d’une possible implication russe circulent après le déraillement d’un train en Normandie, survenu vendredi dernier et qui a fait 44 blessés. Un morceau de rail trouvé sur les voies reste pour l’heure sans explication.
Interrogé sur l’hypothèse d’un sabotage russe, le chef de la diplomatie a estimé qu’« il faut que les enquêtes dissipent tout soupçon ».
« Nous ne sommes pas en paix mais nous ne sommes pas en guerre avec la Russie », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Il ne faut pas se laisser entraîner dans cette escalade dans laquelle Vladimir Poutine serait si content de voir les Européens s’engouffrer. »
Jean-Noël Barrot a par ailleurs critiqué Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle a estimé mercredi que la France ne pouvait plus aider l’Ukraine autant qu’actuellement et plaide pour une grande conférence destinée à un règlement diplomatique du conflit.
« Ce n’est pas sur des plateaux de télévision qu’on doit annoncer une grande conférence sur la paix, comme Madame Le Pen l’a fait hier à la télévision », a dit le ministre. « Ce serait risible si ce n’était un peu triste d’entendre un responsable français s’exprimer avec une telle naïveté. »
Marine Le Pen, donnée favorite des sondages pour la présidentielle de l’an prochain, défend cette conférence « depuis l’agression russe contre l’Ukraine ». Ses adversaires lui reprochent régulièrement d’avoir été reçue au Kremlin en 2017, des positions jugées conciliantes envers la Russie, ainsi qu’un prêt contracté auprès d’une banque russe dans les années 2010.


