Mercredi, les eurodéputés ont approuvé la réforme du régime douanier de l’Union européenne, engagée depuis 2023. Les États membres avaient déjà apporté leur feu vert définitif au début du mois. Le dispositif instaure dès novembre des frais de traitement sur les petits colis importés, principalement en provenance de Chine.
« Il s’agit de la plus grande réforme des douanes européennes depuis 1968, qui vise à soutenir le commerce et à garantir le respect des règles de l’UE », a souligné l’eurodéputé néerlandais Dirk Gotink (PPE, droite), rapporteur du texte.
La Commission européenne déterminera le montant de ces frais. Ils viendront s’ajouter à la taxe de 3 euros par catégorie de produits, en place depuis juillet pour les envois d’une valeur inférieure à 150 euros. Les principales fédérations textiles d’Europe ont, début septembre, plaidé pour 10 euros par colis, contre 2 euros auparavant.
Une base de données douanières unique sera aussi créée pour fluidifier la coopération entre services nationaux, de même qu’une nouvelle autorité installée à Lille. En cas d’infractions répétées aux règles de l’UE, les entreprises s’exposeront à une amende allant de 1 % au minimum à 6 % de la valeur totale des marchandises importées dans l’Union au cours des douze mois précédents.
L’objectif est de freiner l’arrivée massive de produits bon marché via des plateformes asiatiques — Temu, AliExpress ou Shein — qui s’affranchissent parfois des normes européennes, et de financer un renforcement des contrôles. Le marché européen a vu entrer près de 5,9 milliards de petits colis en 2025 : plus de 180 à la seconde, soit quatre fois le volume de 2022. La Chine en fournissait 93 %. Face à ces flux, les contrôles se révèlent souvent impraticables, laissant passer des articles dangereux ou contrefaits.


