Mardi 15 septembre, la mission d’information du Sénat consacrée aux violences dans le périscolaire parisien a entendu Anne Hidalgo. L’ancienne maire de Paris (2014-mars 2026) a déclaré : « Nos institutions – mairie de Paris, collectivités locales, éducation nationale, police, justice – ont failli dans la protection de nos enfants, c’est un échec collectif ».
Elle a exprimé sa compassion et des « regrets immenses » aux victimes comme à leurs proches, tout en écartant l’idée d’en porter seule le poids. Elle a décrit un défaut de coopération entre institutions, des leviers juridiques trop limités pour les maires, et des dysfonctionnements de l’administration parisienne repérés seulement sur le tard.
Entre 2021 et 2025, a-t-elle reconnu, les signalements systématiques à la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale ont cessé d’être pratiqués par son administration, en dépit de ses instructions. Sans aval politique, la direction des Affaires juridiques avait, lorsqu’une enquête était ouverte, fait évoluer la doctrine, a-t-elle indiqué. Elle dit avoir exigé le rétablissement du dispositif initial et concède : « Mon administration n’a pas suivi ma consigne et c’est plus que fâcheux ».
Parmi les actions engagées dès 2014, elle a cité l’enquête de l’inspection générale sur les conservatoires ouverte en novembre 2014, le rapport de 2015, des protocoles de signalement — dont celui conclu en octobre 2015 avec le parquet — et des plans pour renforcer le recrutement et la formation. Elle a également évoqué une « mission flash » de l’inspection générale menée en 2025, selon laquelle la moitié des recommandations du rapport de 2015 n’avaient pas reçu une application satisfaisante.
Le seul regret qu’elle a nommé clairement porte sur l’absence de rencontre avec les familles des victimes. « Il n’y a pas d’excuses », a-t-elle dit. Sur l’éviction en 2021 d’adjoints alors accusés, Pierre Aidenbaum et Christophe Girard, elle a assuré : « Ma main n’a pas tremblé ». Elle a aussi insisté sur l’organisation morcelée de la capitale — dix circonscriptions scolaires, sept caisses des écoles, dix-sept arrondissements — et sur le rôle de « garde-fou » qu’elle y tenait.
Depuis janvier, la Ville a prononcé la suspension de 132 animateurs ; pour 52 d’entre eux, il s’agit de soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales se poursuivent dans les crèches et les écoles primaires.
L’échange a occupé plus de deux heures, surtout face à Agnès Evren, sénatrice LR, rapporteuse de la mission et conseillère de Paris. Patrick Bloche, ancien premier adjoint chargé de l’Éducation, doit être entendu le 16 septembre ; Emmanuel Grégoire le sera aussi. Des plaintes concernent les trois élus entre fin août et début septembre.


