Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé mardi 15 septembre un courrier à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il y propose que l’amende de 4,1 milliards d’euros infligée à Google en 2018 pour abus de position dominante serve à « réduire les contributions nationales des États membres ».
La Cour de justice de l’Union européenne a confirmé cette sanction le 2 juillet 2026 en rejetant l’appel de Google et d’Alphabet. Avec les intérêts, le montant représente près de 4,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour le budget européen. L’amende initiale portait sur le forçage de la pré‑installation de Google Search et de Chrome sur les appareils Android.
M. Lecornu invite la Commission « à veiller à ce que les recettes exceptionnelles résultant de l’amende infligée à Google, a fortiori d’autres recettes supplémentaires, se traduisent par une réduction des contributions des États membres ». Il estime que « toute proposition visant à augmenter les crédits de paiement devrait néanmoins faire l’objet d’un contrôle rigoureux et être limitée aux besoins nécessaires et strictement justifiés ».
Matignon précise « qu’il ne s’agit en aucun cas d’une remise en question de la contribution française à l’Union européenne, mais d’une compensation ». La contribution française s’élevait à 22,96 milliards d’euros en 2025. Paris cherche par ailleurs 30 milliards d’euros d’économies pour le budget 2027.
La demande devrait être inscrite en tant que recettes supplémentaires dans le projet de budget rectificatif n°3 pour 2026, attendu en octobre.


