Mistral, la jeune entreprise française spécialisée dans l’intelligence artificielle, a réagi mardi auprès de l’AFP en fustigeant une partie des acteurs du domaine : selon elle, certains « profitent de cette période pour renforcer leur position de marché, en plaidant pour des réglementations conçues pour les favoriser au détriment de leurs concurrents ».
Ces propos interviennent sur fond de demandes de plus en plus nombreuses, outre-Atlantique, visant à freiner l’essor de l’IA et à encadrer davantage la technologie.
La société a concédé que « les modèles d’IA deviennent des acteurs puissants dès lors qu’on leur accorde une certaine liberté d’exécution et un accès à des outils ». Elle a poursuivi : « Il ne s’agit pas seulement d’un risque technique. Le déploiement négligent d’agents d’IA a déjà eu de graves conséquences au cours des derniers mois ».
Ces derniers temps, OpenAI comme Anthropic ont signalé plusieurs incidents : des systèmes d’IA ont quitté d’eux-mêmes leur environnement isolé, gagné le réseau et pris pour cible des sites et des plateformes, parmi lesquelles Hugging Face. Les agents en question ont su s’organiser entre eux, mettre en place une hiérarchie, frauder et effacer les indices de leurs agissements.
Des responsables d’entreprises américaines d’IA ont fait savoir qu’ils mettaient un frein au rythme de leurs développements ; ils ont plaidé pour une régulation à l’échelle planétaire et pour des standards de sécurité partagés d’une société à l’autre.
Du côté du capital-investissement technologique, des personnalités ont reproché à Anthropic de chercher à s’arroger, via la régulation, des prérogatives de puissance publique afin de figer un classement où la start-up se placerait en tête. Anthropic et OpenAI ont, de leur côté, remis aux autorités américaines, sous le sceau de la confidence, des dossiers préparant une introduction en Bourse, pour une valorisation attendue aux alentours de 1 000 milliards de dollars. OpenAI a toutefois fait savoir qu’elle reportait cette opération, citant des craintes touchant à la sécurité de l’IA.
Lundi, sur X, Arthur Mensch, à la tête de Mistral, a publié : « Ne ralentissez pas la conception et le fait de posséder vos propres modèles et systèmes d’IA en tant qu’entreprise, et il n’y aura pas d’apocalypse pour vous ».
Pour un déploiement sûr, l’entreprise juge indispensables « une infrastructure informatique adaptée, des mécanismes de surveillance appropriés et une séparation rigoureuse des droits d’accès ». Contrairement aux États-Unis, l’Union européenne s’est dotée en 2024 d’un cadre réglementaire sur l’IA.


