Genevard presse les agriculteurs de s’assurer, les syndicats contestent

Au Salon de l’élevage de Rennes, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a pressé mardi les agriculteurs français de souscrire une couverture. « Il faut impérativement que les agriculteurs français s’assurent », a-t-elle lancé, en rappelant que, selon elle, neuf éleveurs sur dix et huit agriculteurs sur dix ne sont pas assurés. Elle a même évoqué l’éventualité d’une obligation dans certaines filières.

Pour les céréaliers touchés par des baisses de rendement comme pour les éleveurs confrontés à des prairies qui n’ont pas poussé, l’assurance récolte reste un outil central d’indemnisation. Notamment via des fonds européens, l’État assume 70 % du montant des cotisations.

Abondé par l’État, le mécanisme d’indemnité de solidarité nationale (ISN) prend en charge, chez les assurés, 90 % des sinistres les plus lourds. Les non-assurés reçoivent pour leur part une indemnisation plafonnée à 30 % dès lors que des pertes exceptionnelles sont reconnues, le seuil s’établissant à 50 % pour les grandes cultures et les légumes, et à 30 % pour les prairies.

Au titre du plan sécheresse, le gouvernement a injecté 400 millions d’euros supplémentaires dans l’ISN, portant à 520 millions l’enveloppe destinée aux pertes. Après avoir été réduite de près de moitié dans le budget 2026, cette somme n’est pas encore arrêtée pour 2027.

« Si beaucoup ne s’assurent pas, c’est qu’il y a un doute sur l’efficacité et l’ISN va être un exercice grandeur nature cette année », a déclaré à Rennes Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.

François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, a déclaré à l’AFP : « Face aux accidents de voiture, on prend tout un tas de mesures pour faire en sorte qu’ils n’arrivent pas. Là c’est pareil, l’assurance n’est pas une réponse durable ».

Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, les seuils de déclenchement sont « trop bas » et excluent en particulier les petits maraîchers, pour qui le coût de l’assurance demeure prohibitif. Selon lui, le financement public des cotisations profite aux assureurs privés plutôt qu’aux agriculteurs eux-mêmes.

Le recours aux satellites pour évaluer la pousse des prairies et ouvrir droit aux indemnisations suscite aussi la contestation des organisations agricoles. « Il est abusif de dire qu’il ne fonctionne pas », a répondu la ministre, qui dit toutefois « entendre » les éleveurs lorsqu’ils demandent de le « fiabiliser ».



Le Journal des Francais