Huit Turcs mis en examen pour un trafic d’armes lié aux Daltonlar

Une enquête du Parquet national anti‑criminalité organisé (Pnaco) sur un trafic d’armes a conduit à la mise en examen et à l’incarcération d’au moins huit ressortissants turcs. Certains d’entre eux sont soupçonnés d’appartenir à l’organisation criminelle turque Daltonlar, d’après des sources proches du dossier.

Jeudi et vendredi, douze personnes ont été interpellées. Dans l’Ain, une camionnette a livré aux policiers 150 armes à feu lors d’une opération. À Paris, lundi, sept hommes de la communauté turque ont été mis en examen pour trafic d’armes et association de malfaiteurs, puis placés en détention provisoire, selon une source proche du dossier.

Le 24 août déjà, un premier homme avait été arrêté à Paris ; sa mise en examen et son écrou datent du 28 août. Il transportait des sacs renfermant une trentaine de pistolets, des contrefaçons de pistolets de type Glock proposées entre 1 300 et 2 800 euros pièce. Le total connu des mises en examen atteint ainsi huit. Le Pnaco n’a formulé aucun commentaire.

Les investigations portent sur un réseau susceptible de rayonner vers l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Des organisations telles que la DZ Mafia, dans le cadre du narcotrafic, ou la guérilla kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) auraient pu en tirer parti. Cette source indique que certaines de ces armes ont servi lors d’une tentative d’assassinat à Marseille, affaire qui serait liée à la DZ Mafia.

Me Louis-Joseph Ricard, conseil du premier mis en examen, a déclaré à l’AFP que son client avait « gardé le silence ». Pour un homme mis en examen lundi puis écroué, Me Mikaël Benillouche a indiqué que son client avait pris la mesure, en garde à vue, de la « gravité des faits commis ». D’après cet avocat, l’intéressé n’appartenait pas aux Daltonlar : il avait commencé par dissimuler des armes pour rendre service à des membres de sa communauté ; lorsqu’il a voulu cesser, il a été passé à tabac et contraint aussi d’en vendre.

Selon les autorités turques, les Daltonlar se livrent à des extorsions de fonds, des rackets, des assassinats ainsi qu’à des trafics de stupéfiants ou de cigarettes. Un tribunal d’Istanbul a, en 2025, infligé de lourdes peines de prison à deux de ses dirigeants et à 258 autres personnes.



Le Journal des Francais