Rémy Daillet jugé à Paris pour l’enlèvement de Mia et terrorisme

Le procès de Rémy Daillet et de quatorze co-prévenus s’est ouvert mardi 15 septembre 2026 devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 9 octobre.

Âgé d’une soixantaine d’années, l’ancien cadre du MoDem, exclu en 2010 après avoir pris la tête de la fédération de Haute-Garonne, comparaît pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, complicité de soustraction de mineur par ascendant et complicité de séquestration avec libération volontaire avant le septième jour. Cinq prévenus, dont lui-même, sont poursuivis sur les deux volets du dossier ; les autres le sont pour l’un ou l’autre.

L’enlèvement de 2021

Le volet principal porte sur l’enlèvement de Mia, alors âgée de huit ans, le 13 avril 2021 aux Poulières, dans les Vosges. Deux hommes se présentant comme des agents de la protection judiciaire de la jeunesse ont emmené l’enfant au domicile de sa grand-mère. La fillette a été retrouvée saine et sauve cinq jours plus tard en Suisse, avec sa mère, Lola Montemaggi, qui avait perdu la garde.

Rémy Daillet résidait alors en Malaisie. L’accusation lui reproche d’avoir organisé depuis l’étranger l’opération, dite « Lima », et d’avoir mis en relation la mère avec des équipes chargées de l’exécuter. Il s’appuyait notamment sur une chaîne YouTube qui comptait jusqu’à 35 600 abonnés en 2021. Il est présenté comme ayant joué un rôle central dans ce groupe complotiste de droite nationale.

Projet Azur et signalement de la DGSI

Les investigations ont aussi mis en évidence des projets antérieurs de rapt d’enfants et le « projet Azur », qui visait à s’emparer du palais de l’Élysée par la force à l’aide de cocktails Molotov, de grenades et de boucliers artisanaux. Quelques jours avant l’enlèvement de Mia, la DGSI avait signalé au parquet national antiterroriste des « activités conspiratrices violentes ».

Rémy Daillet a été arrêté fin mai 2021 en Malaisie, puis extradé. Il a qualifié les poursuites de « procès stalinien » et affirmé que « la restitution d’un enfant à sa mère est un acte civique ».

Son avocat, Me Dylan Slama, a déclaré qu’il était « combatif » et qu’il « espère avoir encore une fois l’opportunité de se défendre complètement, pleinement et librement ». Il a également évoqué « l’enjeu de cette audience » sur « les libertés publiques ».

Un expert psychiatre a conclu qu’un trouble avait « contribué, certes de manière modérée, à altérer son discernement ».



Le Journal des Francais