Budget 2027 : Amiel lie indexation des retraites et abattement de 10 %

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué vendredi 11 septembre que toute indexation des retraites sur l’inflation devrait être financée, en proportion, par une suppression partielle ou totale de l’abattement de 10 % pour frais professionnels dont bénéficient les retraités.

Il a affirmé qu’augmenter l’ensemble des pensions à hauteur de l’inflation « implique de supprimer l’abattement à 10 % pour frais professionnels à l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités ». L’indexation de l’ensemble des retraites coûterait « plus de 6 milliards d’euros l’an prochain », a-t-il ajouté, alors que « de ces 6 milliards, on n’a pas aujourd’hui le premier euro ».

Dans un contexte de comptes publics dégradés, le gouvernement ne souhaite pas financer à la fois l’indexation et le maintien intégral de cet abattement. « Ce qui est certain, c’est qu’il faudra choisir entre les deux, il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a déclaré David Amiel, estimant que conserver les deux dispositifs ferait « exploser le déficit ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu arbitrera.

Une autre voie consisterait à n’indexer « qu’une partie » des retraites, « les plus petites pensions par exemple ». Cette option imposerait toutefois de « baisser très fortement » l’abattement, « à l’euro près », a précisé le ministre.

En l’état, l’ensemble des retraités peut diminuer de 10 % ses revenus déclarés au titre des frais professionnels (aide ménagère, jardinier, etc.), dans la limite de 4 000 euros. Ce dispositif, en place depuis 1978, représente un coût annuel de 6 milliards d’euros pour les finances publiques, soit un montant équivalent à celui d’une indexation complète sur l’inflation.

À Bercy, on juge que cette niche fiscale est assez orientée vers les retraites aisées. Un retraité placé dans la tranche d’imposition à 45 % tire un avantage plus important de la réduction de sa base imposable qu’un retraité relevant d’une tranche inférieure, où le taux d’imposition est moindre.

La question d’une suppression partielle ou totale de l’abattement est revenue à plusieurs reprises dans le débat public. En 2025, la mesure figurait dans le projet de loi de finances, avant d’être rejetée en commission à l’Assemblée nationale.

David Amiel a par ailleurs indiqué avoir proposé au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », sans davantage de détail.



Le Journal des Francais