Meurtre de Zakaria : Adel Gourini et deux proches jugés aux assises

Depuis lundi, trois membres d’une même famille sont jugés par la cour d’assises de la Drôme pour le meurtre de Zakaria, 15 ans, commis le 9 avril 2024 à Romans-sur-Isère.

Dans le quartier de la Monnaie, Adel Gourini, 26 ans, est accusé d’avoir asséné le coup de couteau mortel alors que l’adolescent s’interposait dans une rixe entre l’un de ses amis et le frère de l’accusé. Comparaissant détenu, il est resté muet à l’ouverture des débats. Il ne conteste pas avoir porté le coup, tout en niant l’intention de tuer.

Pour complicité comparaissent aussi son père, Boutaleb Gourini, 59 ans, et son beau-frère, Abdherrahim Assmy, 27 ans. Le parquet de Valence parle d’une « expédition punitive ».

L’origine remonte à une rivalité entre deux collégiens du même établissement. Deux semaines plus tôt, une altercation née d’une moquerie visant un petit frère avait été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Le jour des faits, l’un des collégiens a confié à son père qu’il était harcelé à la sortie de l’école. Un rendez‑vous a été pris pour le soir même.

Selon l’enquête, Boutaleb Gourini, ancien technicien de maintenance, s’est rendu à la Monnaie avec Adel — gérant d’une parfumerie à Romans —, un autre de ses fils aînés et son gendre. Les investigateurs retiennent qu’il a poussé son fils cadet, alors âgé de 16 ans, à frapper le premier. Ce dernier attend un procès en appel devant un tribunal pour enfants. Abdherrahim Assmy est jugé pour avoir concouru à l’organisation de la fuite des accusés.

En arrivant au tribunal lundi matin, Me Yves Flaud, avocat de Boutaleb Gourini, a assuré que son client « a essayé » de faire retomber la pression. Il entend « expliquer qu’il n’y a pas de responsabilité pénale ».

Me Guillaume Fort, avocat de la famille de Zakaria, a décrit l’adolescent, alors en apprentissage, comme un « garçon généreux, drôle et bosseur ». Le père de la victime « n’est pas là, il est sur la tombe de son fils au Maroc », a‑t‑il ajouté.

Le procès doit se poursuivre jusqu’à vendredi.



Le Journal des Francais