Benjamin Haddad, ministre délégué à l’Europe, a affirmé dimanche 13 septembre à l’AFP, lors d’un déplacement en Ukraine, que « la préférence européenne dans tous les piliers du CFP (2028-2034), et en particulier dans le fonds de compétitivité, est un critère absolument essentiel de la négociation ».
La Commission européenne a proposé un budget total de 2 000 milliards d’euros pour le cadre financier pluriannuel 2028-2034, en forte hausse par rapport à la période précédente. Sur cette enveloppe, 131 milliards d’euros sont prévus pour la défense, la sécurité et l’espace au sein du fonds de compétitivité.
Alors que les États membres relèvent leurs budgets de défense face à la menace russe, la France s’oppose à ce que les fonds européens servent pour l’essentiel à financer l’acquisition d’équipements militaires non européens, en premier lieu américains. Des instruments déjà en place, comme l’EDIP et le SAFE, subordonnent le financement d’acquisitions conjointes à un seuil d’au moins 65 % de composants européens.
« Si on veut passer à l’échelle et réduire nos dépendances, on a intérêt à investir en commun au niveau européen, et si on n’a pas de critères de préférence européenne ambitieux, les investissements se concentreront au niveau national, ce qui fragmenterait le marché intérieur. Ce serait moins efficace et personne n’y gagnerait », a estimé le ministre.
Il a jugé que la volonté des États dits « frugaux », emmenés par l’Allemagne, d’adopter un budget plus économe risque de peser sur le volet défense et compétitivité, ce qui « irait totalement à contre-courant des défis d’innovation et d’investissement d’avenir dont l’Europe a besoin pour sa souveraineté ».
« Le fonds de compétitivité ne peut pas être la variable d’ajustement du prochain budget européen, c’est pourquoi la France fait de l’adoption de nouvelles ressources propres une condition sine qua non de tout accord », a-t-il réaffirmé.


