Samedi, la Banque de France a rejeté toute idée de cession de dette publique sur les marchés, en réponse aux critiques du député LFI Éric Coquerel.
L’institution a publié un communiqué pour « apporter des précisions sur son programme de détention de la dette publique », face aux « polémiques et aux fausses informations circulant sur les réseaux sociaux ».
Sur RTL, vendredi, le gouverneur Emmanuel Moulin avait jugé « illégale, dangereuse et inutile » la piste avancée par Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à l’élection présidentielle : annuler la fraction de dette française détenue par la Banque de France.
Dans une vidéo mise en ligne le même jour, Éric Coquerel — aussi président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale — a accusé le gouverneur d’avoir « montré qu’il n’était en rien indépendant des pouvoirs politiques, puisqu’il est entré de manière très partisane dans la campagne électorale ».
Il a rappelé les montants cités par M. Moulin : 488 milliards d’euros de dette française au bilan de la Banque de France fin juin, après 546 milliards fin 2025. « C’est moins 58 milliards en six mois », a-t-il lancé, avant de demander si l’institution n’« est pas en train d’organiser une revente (…) de ces parts de dette sur les marchés financiers ».
La Banque de France répond que la « réduction du stock de dette publique » qu’elle détient « résulte exclusivement de l’arrivée à maturité d’une partie des titres » en cause, et qu’« aucune vente sur les marchés » n’a « eu lieu depuis leur acquisition ».
Ces encours renvoient à deux programmes d’achats d’actifs de la Banque centrale européenne : l’un ouvert à la mi-2014, l’autre, d’urgence, engagé en mars 2020 durant la crise du Covid. Tant que les titres n’étaient pas échus, leur remboursement pouvait être replacé dans de nouvelles obligations. Les arbitrages du Conseil des gouverneurs de la BCE, arrêtés en 2023, ont supprimé cette faculté de réinvestissement — à compter de juillet 2023 pour le premier dispositif, et de janvier 2025 pour le second.
« La Banque de France se tient à la disposition de la commission des Finances de l’Assemblée nationale pour expliquer le fonctionnement de ces opérations de politique monétaire dans le respect de son indépendance », indique le communiqué en conclusion.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, s’est exprimée samedi dans Ouest-France : selon elle, annuler la dette française détenue par la Banque de France serait « ubuesque », faute de prêteur ensuite pour la France. Elle a alerté : « C’est financièrement très dangereux » et cela constituerait « une violation des traités européens ».
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