Capgemini vend sa filiale Government Solutions à ITC Federal

Le groupe de services numériques Capgemini a annoncé samedi la vente de sa filiale Capgemini Government Solutions à la société américaine ITC Federal.

Dans un communiqué, le groupe indique avoir « conclu un accord avec ITC Federal, un fournisseur américain de services et de solutions numériques pour les agences fédérales chargées de la sécurité intérieure et de la défense, en vue de la vente de Capgemini Government Solutions, sa filiale qui travaille avec le gouvernement fédéral américain ».

« Cette transaction est soumise aux conditions habituelles pour une opération de cette nature, et devrait être finalisée dans les prochaines semaines », a précisé Capgemini. L’entité représentait 0,4 % de son chiffre d’affaires en 2025 et moins de 2 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis.

La décision de céder cette filiale avait été prise début février, après la révélation en janvier d’un contrat avec l’ICE, la police américaine de l’immigration. L’association L’Observatoire des multinationales avait publié des informations indiquant que la filiale avait fourni un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères.

D’après des documents publics de l’administration américaine, le contrat conclu le 18 décembre portait sur 4,8 millions de dollars et pouvait atteindre jusqu’à 365 millions de dollars en fonction des résultats.

Ces informations avaient suscité des réactions parmi les syndicats du groupe et au sein de la classe politique en France. Capgemini avait alors fait valoir que « les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié ».

Quelques jours plus tôt, sur LinkedIn, le directeur général Aiman Ezzat avait assuré avoir découvert « par des sources publiques » l’existence du contrat. La filiale, spécialisée depuis quinze ans dans les services au gouvernement fédéral américain, prenait selon lui ses décisions « de manière autonome », Capgemini étant « dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée ».

Interrogé début septembre par l’AFP sur le sort de ce contrat, Capgemini a répondu qu’il « ne peut pas intervenir directement dans la marche des affaires de Capgemini Government Solutions ».

La cession intervient alors que le groupe a annoncé en janvier son intention de supprimer jusqu’à 2 400 postes en France.



Le Journal des Francais