700.000 personnes sur les Champs-Élysées, pas une vitrine brisée, les gendarmes applaudis

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Samedi 26 septembre, de la place de la Concorde à l’Arc de Triomphe et au-delà, vers l’avenue de la Grande Armée, Paris a vu défiler une foule que le Vatican chiffre à 700 000 personnes. Léon XIV a descendu les Champs-Élysées en papamobile, a béni des enfants tendus par-dessus les barrières, puis a célébré la messe depuis un autel dressé face à l’obélisque. À la fin de la journée, l’avenue la plus vandalisée de France n’avait pas une vitrine en moins.

700 000 fidèles sur un peu plus de deux kilomètres, pour une messe d’une heure et demie suivie sur des écrans géants. Certaines rédactions, citant les autorités locales, montent à 800 000. Dans les deux cas, c’est trois fois la messe de Benoît XVI aux Invalides, en 2008.

Le dispositif était à la mesure de l’événement : entre 12 000 et 15 000 policiers et gendarmes, quelque 10 000 à 17 000 bénévoles en tee-shirt jaune, dix kilomètres de barrières, des hélicoptères, un centre-ville bouclé. On a vu, sur cette avenue, des dispositifs comparables pour des soirs de finale, de manif ou de « célébration » qui se terminaient en vitrines éventrées et en mobilier urbain arraché. Ici, rien. Pas d’échauffourée signalée, pas de dégradation, pas de charge. Le silence est même tombé sur la foule au moment de l’offertoire, longtemps après l’acclamation du passage de la papamobile.

Le détail qui dit tout est dans le reportage de franceinfo. Des gendarmes remontent l’allée centrale. La foule les applaudit. Pas un slogan, pas un doigt d’honneur, pas un « tout le monde déteste la police ». Des familles assises sur le bitume, des chaises pliantes, des cantiques dans le métro bondé, une fillette réprimandée pour être montée sur un abribus. Un jeune Lillois, presque dépité, résume l’ambiance : « Il y avait plus d’ambiance à la braderie de Lille. On vient voir le pape et il n’y a personne qui est surexcité. » C’est exactement cela. 700 000 personnes, et personne de surexcité.

On pourra ergoter sur la laïcité, sur la présence de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal, de Sébastien Lecornu et de Nicolas Sarkozy, sur l’absence d’Emmanuel Macron, représenté par son épouse. On pourra rappeler que la Concorde fut le théâtre de la guillotine, qu’on y commit un régicide, que la messe du pape vite en quelque sorte réparer.

La plus grande foule parisienne de l’année n’a cassé aucune vitrine, et elle a applaudi ceux qui la canalisaient. Ce n’est pas un détail d’organisation. C’est un fait politique, au sens le plus simple du terme : il existe encore, dans ce pays, des centaines de milliers de gens capables d’occuper le cœur de la capitale sans le mettre à sac. L’avenue qui sert d’ordinaire de décor aux débordements a servi, le temps d’un après-midi, de nef.

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