L’inflation a nettement accéléré en août dans la zone euro. Selon l’estimation rapide publiée mardi 1er septembre par Eurostat, la hausse des prix dans les 21 pays partageant la monnaie unique a atteint 3,3 % sur un an, après 2,9 % en juillet. C’est le niveau le plus élevé depuis septembre 2023. Le chiffre est conforme aux attentes des économistes.
Le moteur est presque uniquement énergétique. Les prix de l’énergie ont grimpé de 14,3 % sur un an en août, contre 10,3 % en juillet. En données mensuelles, l’ensemble des prix a augmenté de 0,4 % en août ; l’énergie seule a progressé de 2,9 %.
Cette embardée suit la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran au début de juillet et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, voie d’exportation majeure d’hydrocarbures. Un premier pic avait déjà été enregistré en mai (3,2 %), avant un reflux temporaire sous les 3 % grâce à un apaisement des cours du pétrole. Le mouvement s’est inversé cet été.
Les autres composantes n’ont pas suivi la même trajectoire. Les services, poste le plus lourd du panier (près de 47 % des dépenses), ont ralenti à +3,0 % après +3,3 % en juillet. L’alimentation, l’alcool et le tabac sont restés stables à +1,2 %. Les biens industriels hors énergie ont accéléré modestement, à +1,2 % après +0,9 %. L’inflation sous-jacente — hors énergie, alimentation, alcool et tabac — a même légèrement reculé, à 2,4 % après 2,5 %. Le choc reste donc concentré sur l’énergie. Il ne s’est pas encore diffusé largement au reste des prix.
La France sous la moyenne, mais en hausse
En France, l’Insee estime l’indice des prix à la consommation (IPC national) à +2,4 % sur un an en août, après +2,1 % en juillet. L’indice harmonisé (IPCH), comparable aux autres pays de la zone euro, passe de 2,4 % à 2,7 %. L’institut attribue l’accélération « essentiellement » aux prix de l’énergie, en particulier des produits pétroliers : +16,7 % sur un an. Les services ralentissent (+2,0 % après +2,2 %), l’alimentation accélère un peu (+1,1 %), les produits manufacturés reculent encore mais moins qu’en juillet (−0,4 %). Sur un mois, les prix français ont augmenté de 0,7 % (IPC) et de 0,8 % (IPCH).
Parmi les grandes économies, l’Allemagne ressort à 2,9 %, l’Italie à 3,2 % et l’Espagne à 4,5 %. Aux extrêmes de l’estimation rapide : Lituanie 5,8 %, Estonie 1,3 %. La France reste parmi les taux les plus bas de la zone, tout en accélérant.
Ce que le chiffre change pour la BCE
L’objectif de la Banque centrale européenne est de 2 %. À 3,3 %, l’inflation globale s’en éloigne à nouveau. Les marchés anticipent largement une hausse de 25 points de base du taux de dépôt, à 2,50 %, lors de la réunion du 10 septembre — ce qui serait le deuxième relèvement de 2026, après celui de juin, la BCE ayant laissé ses taux inchangés le 23 juillet. Plusieurs économistes soulignent toutefois que la sous-jacente reste contenue et que le prochain tour de vis, s’il a lieu, n’implique pas nécessairement un long cycle de hausses.
Les données d’août sont une estimation rapide. Eurostat publiera les chiffres définitifs le 17 septembre. L’Insee publiera les résultats définitifs français le 15 septembre.
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