« C’est parce qu’il est noir ! »

Photo : Elvin Tubanza / WikiMedia / Creative Commons

Éric Coquerel a sorti l’argument massue. Face à l’ouverture d’une enquête du parquet national financier visant Bally Bagayoko pour « détournement de fonds publics, recel et concussion », le président LFI de la commission des Finances a tranché sur LCI : « Ce que l’on ne supporte pas, c’est le fait qu’il soit noir. »

Le maire de Saint-Denis, élu dès le premier tour en mars et nouvelle figure de la « Nouvelle France » selon Jean-Luc Mélenchon, est soupçonné d’emploi fictif et de cumul irrégulier entre ses fonctions à la RATP et ses mandats locaux. Une plainte de l’association AC!! Anti-corruption évoque même « un système organisé et structuré d’emplois fictifs » concernant des élus de différents bords à la RATP. L’entreprise, elle, dément les allégations d’emplois de complaisance.

Mais pour Coquerel, l’essentiel n’est pas là. Bagayoko est « issu des quartiers populaires », « et en plus Insoumis, c’est la cerise sur le gâteau ». L’enquête serait donc « une affaire politique » qui « ne mènera à rien ». Mathilde Panot a enfoncé le clou en parlant d’« acharnement politique » et en mettant en cause des socialistes aigris par la défaite municipale, via des rumeurs relayées par le Canard enchaîné.

Bally Bagayoko, de son côté, s’est dit « serein » et a posté une vidéo dans laquelle il estime que « les socialistes n’ont pas digéré la défaite ».

La séquence est désormais classique. Dès qu’un cadre Insoumis se retrouve dans le collimateur de la justice pour des questions d’argent public, la réponse fuse : c’est la couleur de peau, l’origine, le quartier, le parti. La stratégie de Coquerel a le mérite de la simplicité. Elle a aussi celui de la répétition.

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