678.000 contribuables exposés : l’État devient le premier danger pour vos données

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L’État vous force à lui confier vos données les plus intimes. Et il est incapable de les protéger.

Ce n’est plus une faille technique. C’est un problème juridique. Et les victimes, ce sont les citoyens. Le coupable, c’est l’État.

Fin juin 2026, le système d’information de la Direction générale des Finances publiques a été piraté. Un « accès illégitime », comme dit pudiquement Bercy. Un cybercriminel a consulté et extrait des données de particuliers et de professionnels. Selon French Breaches, ce sont au moins 678.000 personnes qui seraient concernées. Et ce n’est pas tout : une autre fuite revendiquée porterait sur près de deux millions de propriétaires, avec noms, dates de naissance, adresses, identifiants fonciers et informations cadastrales.

Deux mois. Deux mois avant que Bercy daigne communiquer. Deux mois pendant lesquels des fichiers contenant des informations fiscales et patrimoniales circulaient déjà, voire étaient mis en vente.

On vous rappelle le principe : vous n’avez pas le choix. Vous devez déclarer vos revenus. Vous devez déclarer vos biens. Vous devez transmettre à l’administration une quantité croissante d’informations personnelles, professionnelles et patrimoniales. L’État a transformé cette obligation en un monopole de fait sur une partie de votre vie privée. Il exige, il collecte, il stocke. Et il échoue à protéger.

Ce n’est pas un accident isolé. C’est un schéma qui se répète. À chaque fois, le même scénario : intrusion, extraction, silence prolongé, communiqué lénifiant, promesse d’« investigations approfondies », notification à la CNIL, plainte. Et puis plus rien. Les citoyens, eux, restent avec le risque d’usurpation d’identité, de fraudes, de chantage, de détournement de leurs données fiscales et immobilières.

Le plus grave n’est même plus la faille technique. C’est le déséquilibre de responsabilité. Vous, citoyen, êtes tenu de fournir des informations exactes sous peine de sanctions. L’État, lui, peut perdre ces mêmes informations sans que sa responsabilité soit réellement engagée de manière dissuasive. Il n’y a pas de réparation automatique. Il n’y a pas de sanction claire et proportionnée. Il n’y a que des excuses techniques et des « nouvelles mesures de restriction ».

On est en train de basculer dans une situation absurde : l’État se comporte comme un grand collecteur compulsif de données personnelles, tout en se révélant structurellement incapable de les sécuriser. Et pendant ce temps, il continue de pousser à toujours plus de dématérialisation, de fichiers centralisés, de croisement de données. La carte nationale d’identité numérique, les interconnexions, les bases de plus en plus vastes… Tout cela repose sur une promesse de sécurité que l’administration n’arrive même plus à tenir sur ses propres systèmes fiscaux.

Le problème n’est plus seulement technique. Il devient juridique. Quand l’État impose la remise de données privées et se montre incapable de les protéger, il crée un préjudice. Les victimes ne sont pas « des usagers ». Ce sont des citoyens auxquels on a imposé une obligation, et qui en subissent les conséquences. Le coupable n’est pas uniquement le pirate. C’est aussi, et d’abord, l’État qui a échoué dans son devoir de protection.

À force de collecter sans vraiment sécuriser, l’administration est en train de transformer le devoir fiscal en un risque permanent pour la vie privée des Français. Et ce risque, c’est elle qui le crée.

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