Le 15 août n’est pas un jour férié comme les autres. C’est, depuis 1638, la vraie fête nationale de la France.
Le 10 février 1638, Louis XIII signe l’édit de Saint-Germain-en-Laye. Il consacre solennellement « sa personne, son État, sa couronne et ses sujets » à la Vierge Marie. Il ordonne que, chaque année, le jour de l’Assomption, des processions solennelles soient organisées dans tout le royaume pour renouveler ce vœu. Le 15 août devient alors la grande fête du Royaume de France. C’est le jour où la France se reconnaît fille aînée de l’Église et se place sous la protection de Notre-Dame.
Ce n’est pas une invention folklorique. C’est un acte fondateur. La Révolution l’a aboli. Napoléon l’a récupéré à son profit. La IIIe République l’a définitivement remplacé par le 14 juillet. Mais le 15 août reste, dans la mémoire profonde du pays, le jour où la France fut officiellement confiée à Marie.
Et voilà qu’en 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez adresse un télégramme aux préfets pour demander une « extrême vigilance » ce jour-là. Il exige « un renforcement des mesures de sécurité concernant les lieux de culte chrétiens et les rassemblements » liés à l’Assomption. Motif : « le niveau élevé de la menace terroriste » et « la persistance des tensions au plan international ».
Les chiffres qu’il rappelle sont accablants. En 2025, 843 actes antichrétiens ont été recensés, soit une hausse de 9 %. Au premier semestre 2026, déjà 458 faits, en progression de 6 %. Ces actes représentent 34 % de l’ensemble des actes antireligieux.
On a donc atteint ce point : le jour où, pendant près de deux siècles, la France entière célébrait solennellement sa consécration à la Vierge, les autorités doivent maintenant déployer des forces de l’ordre pour empêcher que des chrétiens ne soient agressés, que des églises ne soient attaquées, que des processions ne soient perturbées.
C’est horrifiant.
Il ne s’agit pas seulement d’une question de sécurité. Il s’agit d’un symbole. Quand un peuple doit protéger par les armes le jour le plus sacré de son histoire nationale et religieuse, c’est que ce peuple a perdu le contrôle de son destin. C’est que des forces hostiles à ce qu’il a été se sentent suffisamment libres pour menacer ce qu’il reste de son identité.
On peut multiplier les télégrammes, les dispositifs, les « extrêmes vigilances ». On peut renforcer les contrôles autour des églises le 15 août. Mais tant que la France continuera d’importer, d’héberger et de laisser prospérer ceux qui considèrent le christianisme comme une cible légitime, le 15 août restera un jour de tension plutôt qu’un jour de fête.
Louis XIII avait placé le royaume sous la protection de Marie pour qu’il soit « à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis ». Quatre siècles plus tard, les ennemis sont à l’intérieur, et c’est le ministre de l’Intérieur qui doit supplier les préfets de protéger les lieux où l’on célèbre encore ce vœu.
Le 15 août 2026 ne sera pas seulement l’Assomption. Ce sera le jour où la France mesurera, une fois de plus, à quel point elle a oublié ce qu’elle était.


