Dépistage antidrogue dans les ministères : On teste, mais chut… surtout pas de résultats publics !

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Ah, l’« exemplarité » ! Ce grand mot magique que nos dirigeants aiment agiter comme un hochet dès qu’ils veulent donner l’illusion d’agir. Cette fois, c’est Sébastien Lecornu et son entourage qui s’y collent : une grande campagne de dépistage inopinée de stupéfiants chez les ministres, membres de cabinets, hauts fonctionnaires, préfets, ambassadeurs et tous ceux qui ont accès à des infos sensibles.

L’idée paraît bonne sur le papier : on teste, on vire les positifs (comme on l’a déjà fait discrètement pour un conseiller agricole et un haut fonctionnaire de Bercy), et hop, la France repart sur des bases saines. Sauf qu’il y a un léger détail : le gouvernement refuse de rendre publics les résultats. Ni noms, ni chiffres, ni pourcentages. Rien. Silence radio.

« On n’est pas un tribunal », nous explique doctement l’entourage du Premier ministre. Traduction : on ne veut surtout pas que les Français découvrent l’étendue des dégâts dans les allées du pouvoir. On imagine déjà les ouf de soulagement dans certains ministères et cabinets…

Une circulaire qui fait « émoi »

La circulaire du 16 juin ordonnait aux ministres de se tester eux-mêmes et de tester leurs collaborateurs. Belle initiative, saluée par certains (« on ne peut plus avoir de complaisance »). Mais très vite, c’est l’émoi dans les couloirs : un conseiller s’interroge sur la légalité, d’autres parlent de « rapport de défiance ». On comprend : quand on a passé la semaine à sniffer ou à planer, se faire pincer par un test surprise, ça doit piquer un peu l’ego.

Résultat des courses : on teste, on vire en catimini ceux qui sont trop visiblement défoncés, et on range le reste sous le tapis. C’est ça, la « lutte contre le narco-trafic » version macroniste : du changement d’échelle… mais seulement pour les petits dealers et les quartiers perdus. Au sommet, on préfère la discrétion.

Deux poids, deux mesures, comme d’habitude

Pendant que les Français subissent l’explosion du trafic, les cannabinoïdes de synthèse, le protoxyde d’azote chez les jeunes, et les cités devenues supermarchés de la drogue, nos élites se paient le luxe d’un dépistage confidentiel. On nous promet la fermeté, mais dès qu’il s’agit de regarder dans le miroir du pouvoir, c’est rideau.

Les commentateurs ont raison : si tous les tests étaient négatifs, on nous l’aurait claironné sur tous les plateaux. Le silence assourdissant laisse planer un doute délicieux : combien de conseillers, de hauts fonctionnaires ou même de ministres ont un petit problème avec la poudre ou les pilules ? On ne le saura jamais. C’est mieux comme ça, paraît-il.

Cette affaire résume à merveille l’hypocrisie ambiante. On fait du cinéma sécuritaire (« changement d’échelle »), on agite des circulaires, on vire deux ou trois boucs émissaires en douce… et on continue comme avant. La suspicion générale reste : dans les milieux qui nous gouvernent, la consommation de stupéfiants serait-elle plus répandue qu’on ne veut bien l’admettre ?

Pendant ce temps, les vrais problèmes s’aggravent : fusillades dans les écoles, quartiers entiers gangrenés, jeunes qui se crament le cerveau. Mais au moins, nos ministres ont eu leur test… même si on ne saura jamais ce qu’il a révélé.

La France des élites : toujours prête à moraliser le peuple, jamais à se regarder en face.

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