Dès le 22 juin et jusqu’au 15 août 2026, les habitants des Pyrénées-Orientales inscrits sur les listes électorales seront appelés à voter pour ou contre un changement de nom de leur département. Trois options sont proposées : conserver l’actuel « Pyrénées-Orientales », opter pour « Pyrénées Catalanes » ou « Pyrénées Méditerranée ». Cette consultation, initiée par la présidente socialiste Hermeline Malherbe, fait suite à une enquête de 2025 où 49% des participants auraient exprimé le souhait d’une « référence à la catalanité ».
Derrière cette apparente consultation démocratique se cache une nouvelle illustration des dérives régionalistes que promeuvent certains élus de gauche, au mépris de l’unité nationale et des priorités réelles des Français.
Un nom révolutionnaire qui ancre le territoire dans la France
Créé en 1790 lors de la Révolution française, le département des Pyrénées-Orientales tire son nom d’une logique géographique et administrative voulue par les constituants : rompre avec les anciennes provinces de l’Ancien Régime (comme le Roussillon) pour uniformiser le territoire national. Ce choix n’était pas anodin. Il visait à intégrer pleinement cette région, rattachée à la France par le traité des Pyrénées en 1659, dans la République une et indivisible.
Le nom « Pyrénées-Orientales » n’efface pas la richesse culturelle catalane, présente depuis des siècles, mais la situe dans le cadre supérieur de l’identité française. Aujourd’hui, une partie de la gauche et des milieux catalanistes voudrait inverser cette logique : faire primer la catalanité sur l’appartenance nationale. L’option « Pays Catalan » a été écartée par des juristes et historiens car le Conseil d’État l’aurait retoquée pour manque d’indication géographique claire. Mais « Pyrénées Catalanes » reste sur la table, comme une porte entrouverte vers une reconnaissance plus forte d’une « Catalogne Nord ».
Une consultation orientée et coûteuse
Hermeline Malherbe, présidente socialiste du conseil départemental, met en avant une large participation citoyenne : bulletins papier dans les boîtes aux lettres et vote en ligne via FranceConnect à partir du 1er juillet. À l’issue, le conseil délibérera avant une saisine du Conseil d’État. Le processus pourrait s’étendre sur des mois, voire des années.
Le coût estimé ? Environ 30.000 € pour la collectivité, intégrés à la communication. Un montant « résiduel » selon Malherbe, comparable à la transformation des conseils généraux en départements. Mais dans un contexte de finances publiques exsangues, de sécheresse historique dans le Roussillon, d’incendies récurrents et de tensions sociales, dépenser de l’argent public pour un changement symbolique relève de la gabegie.
Seulement sept départements ont changé de nom en deux siècles, souvent pour des raisons pratiques (supprimer « Inférieure » ou « Basses » jugées péjoratives). Les Pyrénées-Orientales seraient potentiellement les premiers au XXIe siècle, marquant une rupture symbolique forte.
Séparatisme et fractures françaises
Ce vote n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une vague plus large de revendications régionalistes qui, sous couvert de « fierté locale », fragilisent l’unité nationale :
- Catalanité vs Francité : Les catalanistes officiels parlent déjà de « Catalogne du Nord ». Une évolution du nom officialiserait cette perception d’un territoire « à part », potentiellement aligné sur les aspirations de la Catalogne espagnole (où l’indépendantisme a déjà causé des crises majeures).
- Précédents dangereux : La Corse, la Bretagne, l’Alsace ou l’Occitanie voient régulièrement des poussées identitaires. Changer un nom départemental ouvre la boîte de Pandore : demain, des cartes, des signalétiques, des administrations, des marques touristiques devront être modifiées. Et après ? Des revendications linguistiques renforcées ou fiscales ?
- Priorités inversées : Pendant que les élus s’occupent de noms, le département affronte des défis concrets : sécheresse extrême (lacs à sec, restrictions d’eau), incendies (recrutement accéléré de pompiers), immigration incontrôlée dans la zone frontalière, déclin démographique dans certains villages, et tensions entre tourisme et agriculture. La « grande consultation 2040 » de Malherbe semble bien éloignée des préoccupations quotidiennes des habitants.
- Nuances et contre-arguments : Certains défenseurs du changement y voient une opportunité touristique (« Pyrénées Méditerranée » sonne attractif) ou une simple reconnaissance culturelle sans arrière-pensée séparatiste. La culture catalane (langue, traditions, fêtes) enrichit incontestablement la France. Mais pourquoi avoir besoin de modifier le nom officiel pour la valoriser ? Des chartes linguistiques existent déjà depuis 2007. Le risque est que cela serve de cheval de Troie à une déconstruction progressive de l’identité française, au profit de particularismes exacerbés.
Un symptôme plus large de la France des territoires fracturés
Ce dossier illustre parfaitement les fractures françaises analysées par des penseurs comme Christophe Guilluy : une élite métropolitaine et des élus locaux qui flattent les identités périphériques tout en ignorant les classes populaires attachées à la nation. Dans un département qui vote parfois à droite sur les questions de sécurité et d’immigration, cette initiative socialiste risque de polariser encore plus.
Les habitants ont le pouvoir de dire non. Conserver « Pyrénées-Orientales », c’est affirmer que l’on peut célébrer sa singularité catalane sans renier l’appartenance à la France. C’est refuser que l’administration et les symboles nationaux soient soumis à des modes identitaires.
Qu’en pensez-vous ? Participez-vous au vote ? Votre département doit-il rester ancré dans l’histoire française ou céder aux sirènes régionalistes ? Réagissez en commentaires et partagez cet article pour alerter sur ces dérives.


