Bruno Le Maire annonce la révolution qui vient

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Dans une tribune publiée chez nos confrères du Figaro, l’ancien ministre – agrégé de lettres modernes – fait un constat sans appel, qui mérite qu’on s’y arrête. Extraits :


Le peuple se lève. Aujourd’hui, c’est une révolte. Demain, ce sera une révolution. Le peuple se lève pour une raison légitime et simple : la justice ne protège plus ses enfants. Selon toute vraisemblance, une enfant de onze ans a été assassinée dans le Gers par un criminel multirécidiviste connu des services de police et de gendarmerie et qui pourtant n’a jamais été ni placé en garde à vue, ni entendu. La justice a failli. Alors qui défendra le peuple ? Il faudrait être sourd pour ne pas entendre sous les cris de colère une inquiétude encore plus profonde sur ce que devient la France. Le sentiment de « deux poids, deux mesures » n’a jamais été aussi puissant : dans notre pays, vous n’échapperez pas à la sanction si vous roulez 10 kilomètres heure au-dessus des limites, mais vous pourrez circuler librement après avoir commis un crime. Là est le scandale. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que tout ce qui détient une parcelle de pouvoir en France est visé.

(…)

La seule réponse tient dans le rétablissement immédiat de l’autorité de l’État. L’État, c’est la nation. Quand l’État s’effondre, la nation se disloque. Nous y sommes.

Avant que la routine implacable reprenne le dessus, il est urgent de jeter les bases du rétablissement de la justice, de son autorité et de son efficacité en France. Cinq décisions sont nécessaires.

Décision 1 : rétablir une chaîne de commandement entre le ministre de la justice et les procureurs, pour que la politique pénale de la nation reste entre les mains de ses représentants. À cette fin, abroger la loi Taubira de 2013, qui interdit les instructions individuelles aux procureurs.

Décision 2 : dans la politique pénale, faire de la protection des enfants une priorité absolue, sur la base d’instructions précises et non plus de simples circulaires.

Décision 3 : sanctionner les manquements des magistrats à cette politique en remplaçant le Conseil supérieur de la magistrature par un Conseil de la Justice avec une composition transparente et sans aucune affiliation partisane. Fixer un quantum précis des sanctions et des mesures disciplinaires.

Décision 4 : poursuivre l’augmentation des moyens de la justice pour construire 25 000 nouvelles places de prison sous cinq ans, doter tous les tribunaux de nouveaux moyens informatiques et numériques, mettre à disposition les experts nécessaires et atteindre la moyenne européenne du nombre de procureurs par habitant.

Décision 5 : simplifier la procédure pénale pour éviter la multiplication des recours en nullité pour vice de procédure.

Décision 6 : désengorger les tribunaux des affaires secondaires en mettant en place une procédure parallèle simplifiée.

(…)

Je plaide ici pour un État régalien fort, qui protège sans faille les plus faibles, qui assume ses responsabilités, rétablit une chaîne de commandement claire dans ses décisions, réduit la redistribution sociale pour retrouver des marges de manœuvre financières, restreint ses interventions inutiles, fixe peu de priorités, assume sa place dans la nation.

Le peuple se lève. La révolution n’est pas encore une certitude. Elle le deviendra si tous collectivement, nous ne prenons pas la mesure de la colère qui monte. La France s’est construite par son État. Elle se redressera si l’État retrouve dans ses fonctions essentielles son autorité, son efficacité et le respect du peuple.

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