Lyhanna : pendant que la France pleure, Darmanin s’accroche désespérément à son fauteuil

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Alors que la France entière est sous le choc du meurtre atroce de la petite Lyhanna, 11 ans, et que les rassemblements se multiplient pour dénoncer l’impunité et les dysfonctionnements judiciaires, Gérald Darmanin a choisi de s’accrocher à son poste. Lors d’une conférence de presse ce lundi 8 juin, à l’issue d’une réunion de crise avec l’ensemble des procureurs généraux, le garde des Sceaux a fermement écarté toute idée de démission. « La question de ma présence au gouvernement se poserait si je n’assumais pas ma responsabilité », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les graves défaillances mises au jour dans cette affaire « ne tenaient pas à ses instructions ».

Un exercice de communication classique : reconnaître du bout des lèvres les problèmes tout en se dédouanant personnellement. Darmanin s’accroche. Il s’agrippe à son fauteuil ministériel pendant que les Français exigent des comptes et des têtes.

Des défaillances reconnues… mais sans vrai responsable

Le ministre a admis des « défaillances » dans le traitement de l’affaire Lyhanna. Le suspect, Jérôme B., était connu des services pour des plaintes pour viols sur mineurs. Certaines classées sans suite, d’autres non traitées avec l’urgence requise. Pourtant, selon Darmanin, ces ratés ne relèvent pas de sa propre action ou de ses circulaires répétées sur la priorisation des violences faites aux femmes et aux enfants.

« Est-ce que j’ai fait mon travail de garde des Sceaux ? L’Inspection le dira. Le Parlement est là pour le contrôler. Les médias peuvent en faire une discussion », a-t-il expliqué. Traduction : je reste, l’inspection générale jugera, et en attendant, on continue. Une posture qui rappelle furieusement les grandes affaires où les ministres se déclarent « responsables mais pas coupables ».

Darmanin a réuni les procureurs généraux pour exiger un bilan complet et une revue massive des 70 000 plaintes impliquant des enfants d’ici au 14 juillet. Il promet un rapport d’inspection dans quinze jours et n’exclut pas des sanctions, y compris des révocations. Mais sur sa propre responsabilité politique, c’est niet. Il s’accroche.

Un ministre en campagne permanente

Cette défense acharnée intervient dans un contexte politique tendu, à moins d’un an de la présidentielle 2027. Gérald Darmanin, qui cultive une image de ministre « populaire » et d’homme d’ordre, ne peut se permettre de sauter. Il continue de marteler qu’il « essaie de réformer le ministère de la Justice », comme s’il était encore en phase de rodage après plusieurs années au poste.

Pourtant, les faits sont têtus. Malgré les circulaires, malgré les discours, malgré les promesses de priorisation, le système a failli. Une plainte pour viol sur mineure n’a pas été traitée en urgence. Le suspect n’a pas été entendu à temps. Lyhanna en est morte. Dans ces conditions, un ministre responsable de la Justice devrait au minimum poser la question de sa légitimité à rester. Darmanin, lui, s’accroche.

Cette attitude contraste avec les appels à une vraie reddition de comptes venus de la droite, notamment de Bruno Retailleau qui propose une réforme structurelle profonde avec une cour disciplinaire de la magistrature. Là où Retailleau veut changer le système, Darmanin veut sauver son siège.

Les Français exaspérés par l’absence de sanction politique

Les commentaires qui fleurissent sur les réseaux sont sans ambiguïté : beaucoup de Français estiment que la chaîne de commandement doit assumer jusqu’au sommet. À l’époque du général de Gaulle, comme le rappellent certains, une telle affaire aurait entraîné des démissions en cascade. Aujourd’hui, on préfère l’esquive et le report sur « le système », sur les magistrats de base ou sur l’inspection qui rendra son rapport… dans quinze jours.

Darmanin s’accroche aussi parce qu’il sait que son départ affaiblirait encore un peu plus un exécutif déjà fragilisé. Mais cette logique politicienne passe mal alors que des parents enterrent leur fille de 11 ans et que des milliers de Français descendent dans la rue pour crier leur ras-le-bol face à une justice perçue comme laxiste et déconnectée.

L’affaire Lyhanna n’est pas un incident isolé. Elle s’ajoute à une longue liste de drames impliquant des multirécidivistes connus des services. Chaque fois, les mêmes promesses, les mêmes inspections, les mêmes discours. Et très rarement des sanctions politiques au sommet.

En s’accrochant ainsi, Darmanin envoie un message désastreux : même face à l’horreur, la responsabilité politique suprême n’existe plus. Le ministre peut reconnaître des « défaillances graves », mobiliser les procureurs, promettre des réformes… mais surtout pas partir. C’est la marque d’un pouvoir qui a perdu le sens de l’État et de l’honneur.

Pendant ce temps, les rassemblements se poursuivent, la colère monte, et l’opposition de droite (Retailleau en tête) capitalise sur ce sentiment d’impunité généralisée. Mélenchon et la gauche radicale, eux, continuent leur tambourinage sur d’autres fronts, mais l’opinion publique semble de plus en plus sensible aux arguments de fermeté et de responsabilité.

Darmanin a raison sur un point : le Parlement et les médias ont leur rôle à jouer. Mais les Français aussi. Ils jugent, ils observent, et ils n’oublieront pas en 2027 qui a assumé et qui s’est simplement accroché à son siège.

L’affaire Lyhanna devait être un électrochoc. Pour l’instant, elle révèle surtout l’incapacité du pouvoir à tirer les conséquences humaines et politiques des drames qu’il contribue à laisser se produire. Gérald Darmanin s’accroche. La France, elle, attend des actes.

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