L’affaire Lyhanna, qui bouleverse la France depuis plusieurs jours, a pris une dimension nettement politique ce vendredi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué à Matignon à 10h30 le ministre de la Justice Gérald Darmanin et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour un « point de situation ».
Rappel des faits
Lyhanna, une fillette de 11 ans, a disparu vendredi dernier dans le Gers. Jeudi 4 juin, un corps a été retrouvé dans la région et est en cours d’identification. Selon les premiers éléments, il portait des vêtements similaires à ceux de la petite fille. Un homme, Jérôme B., père de famille et proche de l’entourage de Lyhanna, est le principal suspect.
Ce qui rend l’affaire particulièrement choquante, c’est que cet individu faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Ces plaintes n’ont pas été traitées avec l’efficacité attendue, ce qui a conduit Gérald Darmanin à reconnaître publiquement un « dysfonctionnement » du système judiciaire.
Les réactions gouvernementales
Gérald Darmanin s’est dit « terrifié, et comme père de famille encore plus, par ce drame ignoble ». Il a admis que des plaintes antérieures contre le suspect n’avaient pas été correctement suivies et a annoncé une inspection administrative. Il promet de « prendre ses responsabilités » et de rendre public le rapport.
Le garde des Sceaux s’est notamment interrogé sur les lenteurs administratives entre parquets (Toulouse et Auch) et sur le fait que des actes d’enquête demandés n’auraient pas été réalisés.
Une affaire qui dépasse le fait divers
L’opposition ne manque pas de monter au créneau. Du Rassemblement National à La France Insoumise en passant par Les Républicains et certains socialistes, les critiques fusent sur l’impuissance supposée de l’État face aux violences sexuelles sur mineurs et sur les failles du système police-justice.
L’affaire Lyhanna cristallise un sentiment plus large d’exaspération dans l’opinion publique sur la protection des enfants, la récidive et l’efficacité de la chaîne pénale. Elle intervient dans un contexte déjà tendu pour l’exécutif, marqué par d’autres sujets sécuritaires récents.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait récemment sermonné son gouvernement sur le « compte qui n’y est pas » dans certains domaines régaliens, veut visiblement reprendre la main sur ce dossier hautement sensible.
L’enquête judiciaire suit son cours, tandis que l’inspection administrative demandée par Gérald Darmanin devrait éclairer les éventuelles défaillances dans le traitement des plaintes antérieures contre le suspect.
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