On se pince. On se frotte les yeux. On relit trois fois. Et pourtant, c’est bien là, dans la bouche du coordinateur de La France Insoumise : nationaliser TotalEnergies serait « une option tout à fait envisageable » et surtout « extrêmement rentable ». Pour seulement 70 milliards d’euros (pas la capitalisation boursière complète, hein, on n’est pas fous), l’État récupérerait une machine à cash qui a distribué 100 milliards de dividendes en dix ans.
Le retour triomphal des lubies du XXe siècle
On croyait le XXe siècle terminé. On pensait que les nationalisations à gogo des années 80, les gouffres financiers d’Air France, de la SNCF, de Renault à l’époque, ou les charniers économiques du bloc soviétique avaient servi de leçon. Erreur. La gauche insoumise, figée dans l’ambre idéologique, ressort le marteau et la faucille comme si 1981 venait de sonner.
Bompard nous explique, avec le sérieux d’un élève qui a mal compris sa leçon d’économie, que c’est une « bonne affaire » : on achète, on empoche les bénéfices, et en moins de dix ans c’est remboursé. Formidable. On se demande pourquoi les capitalistes anglo-saxons de BlackRock n’y ont pas pensé avant. Peut-être parce qu’ils savent que gérer un géant pétrolier mondial, avec des investissements à risques au bout du monde, des innovations technologiques et une concurrence féroce, n’est pas tout à fait la même chose que piloter la Poste.
Furieux constat : l’incurie économique made in LFI
Ce qui rend furieux, c’est le niveau de démagogie et d’incompétence crasse. TotalEnergies, ce n’est pas une vache à lait immobile. C’est une entreprise qui explore, qui investit des dizaines de milliards dans le renouvelable, qui paie des impôts colossaux en France et qui emploie des milliers de personnes. La nationaliser, c’est la transformer en vache sacrée syndicale : salaires déconnectés de la réalité, investissements politiques, nominations de copains, et à terme… des pertes.
On l’a déjà vu. Alstom ? bradé. Charbonnages de France ? Un cimetière industriel. Mais non, cette fois, avec Bompard aux manettes, ça va marcher. Parce que c’est « stratégique ». Parce qu’il faut « maîtriser » l’énergie dans le contexte géopolitique. Traduction : l’État va décider du prix à la pompe selon les humeurs de Mélenchon, taxer les « superprofits » jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de profits du tout, et quand ça coulera, on mettra ça sur le dos du « capitalisme ».
Extrêmement rentable. Le mot est lâché. Comme si l’économie était un simple jeu de Monopoly où on peut racheter Boardwalk sans jamais craindre la banqueroute.
Moquerie nécessaire face à la ringardise
On imagine la scène : Bompard en costard, dans son studio télé, expliquant doctement que nationaliser Total, c’est comme acheter une boulangerie qui fait du bénéfice. Sauf que la boulangerie, si l’État la gère, les baguettes coûteront 15 euros, il y aura des grèves tous les vendredis, et on finira par importer du pain chinois.
C’est la même vieille ritournelle :
- Les profits privés = scandale.
- Les pertes publiques = « investissement social ».
- Les actionnaires étrangers = traîtres.
- L’État stratège = génie.
En 2026, avec une dette publique qui frôle les 120 % du PIB, des déficits chroniques et une industrie qui peine à survivre, ces messieurs de LFI veulent encore jouer à Chavez avec nos champions. Ils rêvent d’un TotalEnergies transformé en entreprise d’État qui subventionnerait les prix à la pompe pendant que les actionnaires fuient, que les ingénieurs partent chez Shell ou Exxon, et que l’innovation technologique passe à la trappe.
Le vrai scandale
Le vrai scandale n’est pas que Total fasse des bénéfices records (c’est le rôle d’une entreprise). Le scandale, c’est qu’en pleine flambée des prix de l’énergie, des irresponsables proposent des solutions du siècle dernier qui ont déjà ruiné des nations entières.
On est en 2026, pas en 1936. Le monde bouge : transition énergétique réelle (pas celle des slogans), concurrence asiatique, guerre en Ukraine, Moyen-Orient en feu. Et pendant ce temps, Bompard nous vend du national-socialisme économique light, version « rentable pour le peuple ».
Résultat prévisible si jamais ils passent :
- Moins d’investissement.
- Moins d’innovation.
- Plus de dettes.
- Des prix à la pompe qui explosent une fois le mirage terminé.
- Et un nouvel argument pour dire que « le capitalisme a encore échoué ».
On est furieux parce que c’est stupide. On est moqueur parce que c’est pathétique. Ces vieilles lubies de gauche ont un siècle de retard, un siècle d’échecs derrière elles, et pourtant elles reviennent, inlassables, comme un zombie idéologique qui refuse de mourir.
Manuel, garde tes 70 milliards. La France n’a pas besoin que l’État rachète Total. Elle a besoin que l’État arrête de ruiner ce qui marche encore.
Et si un jour vous voulez vraiment tester votre théorie de la « bonne affaire », commencez par nationaliser quelque chose de plus petit. Disons… une fromagerie en faillite. On regardera si c’est toujours « extrêmement rentable » une fois que les subventions et les contribuables auront tout payé.
On attend avec impatience le prochain épisode de cette comédie tragique. En attendant, vive le capitalisme… tant qu’il en reste.
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