Sarah Knafo : « Il n’y a pas d’assistés (ni) de fainéants en France »

L’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo a pris position lundi 4 mai sur la question des aides sociales, en développant une analyse qui tranche avec les discours habituels sur «l’assistanat». Invitée sur CNews et Europe 1, elle a affirmé sans détour : «Il n’y a pas d’assistés (ni) de fainéants en France».

Selon elle, le problème ne réside pas dans les individus mais dans l’organisation du système. «Je vais peut-être surprendre, je pense qu’il n’y a pas d’assistés en France, il n’y a pas de fainéants. Il y a un système vicié, qui a créé du vice dans un pays qui n’en avait pas», a-t-elle déclaré, insistant sur la responsabilité des mécanismes sociaux plutôt que sur celle des bénéficiaires.

Une critique du fonctionnement des aides plutôt que des bénéficiaires

Sarah Knafo a développé une argumentation centrée sur les incitations économiques. Elle estime que certains dispositifs peuvent conduire, de manière rationnelle, à privilégier l’inactivité. « Quand vous êtes rationnel, vous vous dites : Est-ce que je vais me lever le matin, faire un petit boulot, avoir un patron, avoir des contraintes, avoir des horaires (alors que) je gagne la même chose si finalement je reste chez moi ?« , a-t-elle expliqué.

Dans cette logique, elle considère que les comportements observés ne relèvent pas d’un manque de volonté individuelle mais d’un calcul rationnel encouragé par le système lui-même.

Elle insiste ainsi sur la nécessité de ne pas stigmatiser les bénéficiaires des aides : «Il ne faut pas culpabiliser les gens (ni) les criminaliser». Elle ajoute également qu’il ne s’agit pas de supprimer les prestations sociales, mais de modifier les équilibres économiques qui les encadrent.

«Rendre le travail attractif» comme priorité

L’eurodéputée met en avant une approche incitative plutôt que restrictive. «Il ne faut pas retirer les prestations sociales, il faut rendre le travail attractif», a-t-elle affirmé, plaidant pour une réforme des conditions économiques du travail.

Parmi les pistes avancées figure une baisse significative des charges : «baisser les charges sur le travail massivement» afin «que le travail paie davantage». L’objectif, selon elle, est de créer un écart suffisamment incitatif entre revenus d’activité et revenus issus des aides.

Une position qui tranche avec celle d’Éric Zemmour

Cette prise de position se distingue de celle défendue par Éric Zemmour, figure centrale du parti Reconquête et compagnon de Sarah Knafo. L’ancien candidat à l’élection présidentielle avait fait de la lutte contre «l’assistanat» un axe majeur de sa campagne en 2022.

Plus récemment, il a réaffirmé cette ligne en déclarant qu’il «aurait voté» une loi visant à conditionner le versement du RSA à une obligation de travail. Cette divergence met en lumière des nuances internes au sein du mouvement sur la manière d’aborder la question sociale.

Un débat toujours central dans la perspective de 2027

Les propos de Sarah Knafo interviennent dans un contexte de réflexion plus large sur la place du travail, les politiques sociales et les incitations économiques. Alors que la présidentielle de 2027 se profile, ces questions continuent de structurer les débats politiques.

En affirmant qu’«il n’y a pas d’assistés en France» tout en dénonçant «un système vicié», l’eurodéputée propose une lecture qui déplace le débat, en mettant l’accent sur les mécanismes plutôt que sur les individus.

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