12 milliards d’euros : la facture des arrêts maladie continue de grimper

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Le gouvernement s’alarme de la progression soutenue des arrêts maladie, dont le coût pèse de plus en plus lourdement sur les finances publiques. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a évoqué une « dérive très préoccupante » sur le plan budgétaire, à l’approche des discussions sur le prochain budget de la Sécurité sociale.

Selon les données communiquées, l’Assurance-maladie a consacré environ 12 milliards d’euros en 2025 au versement des indemnités journalières des salariés en arrêt de travail. Ce montant est en hausse constante depuis plusieurs années, avec une progression annuelle estimée à près d’un milliard d’euros.

Des mesures attendues dès le mois d’avril

Face à cette dynamique, l’exécutif prépare une série de décisions destinées à contenir cette augmentation. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué que des annonces concrètes devraient intervenir dès le mois d’avril, en coordination avec les ministères du Travail et des Comptes publics.

L’objectif affiché est double : maintenir un niveau de protection élevé pour les salariés malades tout en garantissant la soutenabilité financière du système. Le sujet est jugé prioritaire par le gouvernement, qui souhaite agir en amont de l’élaboration budgétaire.

Une hausse liée davantage au recours qu’à l’état de santé

Les analyses de l’Assurance-maladie montrent que l’augmentation des dépenses ne s’explique pas uniquement par une dégradation de l’état de santé des salariés. Environ 40 % de la hausse serait liée à un recours plus fréquent aux arrêts de travail.

Plusieurs facteurs sont avancés : conditions de travail dégradées, augmentation des risques psychosociaux, mais aussi prescriptions jugées parfois excessives ou inadaptées. Certains patients se voient ainsi prescrire des arrêts prolongés sans suivi médical régulier.

Le poids déterminant des arrêts longs

La structure des dépenses révèle de fortes disparités selon la durée des arrêts. Les arrêts de courte durée, inférieurs à huit jours, représentent près de la moitié des cas mais seulement 4 % des dépenses.

À l’inverse, les arrêts de longue durée concentrent l’essentiel du coût : ceux dépassant six mois ne concernent que 7 % des situations, mais génèrent à eux seuls 45 % des indemnités versées. Ce phénomène s’explique notamment par l’âge plus élevé des bénéficiaires et par des niveaux de rémunération supérieurs, qui augmentent mécaniquement le montant des indemnités.

Des premières mesures déjà engagées

Plusieurs dispositifs ont été introduits récemment pour freiner la progression des dépenses. La durée initiale d’un arrêt de travail a été limitée à un mois, avec un renouvellement possible jusqu’à deux mois. Par ailleurs, le plafond de salaire pris en compte pour le calcul des indemnités journalières a été abaissé.

D’autres pistes ont été envisagées, comme l’encadrement des médecins prescrivant un nombre élevé d’arrêts. Cette mesure a toutefois été retirée du projet de loi sur la fraude sociale après une mobilisation des professionnels de santé, même si elle reste à l’étude dans le cadre de futures réformes.

Un enjeu central pour les finances sociales

La question des arrêts maladie s’impose désormais comme un levier majeur dans la maîtrise des dépenses de la Sécurité sociale. Entre impératif budgétaire et maintien de la protection des assurés, l’exécutif cherche un équilibre délicat, alors que la progression des arrêts de travail s’inscrit dans une tendance durable.

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