Six jours après la mort de Quentin Deranque, 23 ans, frappé en marge d’une conférence politique à Sciences Po Lyon, l’enquête a connu une nette accélération. Onze personnes ont été interpellées par les policiers de la BRI entre mardi après-midi et mercredi matin. Toutes ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour meurtre en bande organisée.
Selon les éléments communiqués par le parquet de Lyon, plusieurs des suspects sont soupçonnés d’avoir participé directement au passage à tabac qui a coûté la vie à l’étudiant. L’agression s’était produite en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, organisée dans les locaux de l’IEP.
Un collaborateur parlementaire parmi les suspects
Plusieurs des interpellés seraient membres du collectif d’ultragauche Jeune Garde, actif dans différentes villes universitaires. D’après les informations disponibles, certains faisaient l’objet d’une surveillance des services de renseignement.
Parmi les personnes entendues figure Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, qui l’aurait démis de ses fonctions hier. Le parquet a confirmé qu’il était auditionné « dans le cadre de l’affaire du décès de Quentin Deranque ».
Jacques-Élie Favrot est connu des services de police pour plusieurs faits, notamment des affaires de vol, de détention d’arme et de violences. À ce stade, il n’est pas établi si ces procédures avaient donné lieu à des condamnations définitives.
D’après des sources proches du dossier, il ne s’agirait pas d’un simple témoin périphérique. « Ce n’est pas un suspect accessoire », confie une source judiciaire. Les enquêteurs cherchent à établir son rôle exact dans les violences et à déterminer s’il a porté, ou non, des coups mortels.
Jacques-Élie Favrot aurait, par le passé, été inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (fichier dit « S »), en lien avec des activités militantes. Cette mention ne serait plus active aujourd’hui.
Son avocat, Me Bertrand Seyn, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement à ce stade.
Quatre autres suspects seraient toujours signalés et suivis par les services spécialisés.
Les gardes à vue pourraient être prolongées afin de permettre des confrontations, l’analyse des téléphones saisis et l’exploitation des images de vidéosurveillance autour de l’IEP.
Une affaire aux répercussions politiques
La mort de Quentin Deranque a provoqué une onde de choc bien au-delà de Lyon. Des responsables politiques de différents bords ont réagi, certains dénonçant un climat de violence installé depuis plusieurs années autour de certains rassemblements universitaires.
Le dossier est désormais entre les mains d’un juge d’instruction. Les qualifications pénales exactes pourraient évoluer en fonction des expertises médico-légales et des auditions en cours.
À Lyon, l’émotion reste vive, et l’instruction devra désormais établir avec précision la chaîne des responsabilités dans ce qui apparaît comme un lynchage collectif.
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