Après la mort de Quentin, l’indécence absolue de Jean-Luc Mélenchon

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Il y a des silences qui honorent. Et puis il y a des paroles qui déshonorent.

Vendredi, à Lyon, Quentin, 23 ans, a été passé à tabac en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po. Le jeune homme, venu épauler le collectif identitaire Némésis, a été roué de coups par des militants se revendiquant « antifascistes ». Il est mort des suites de ses blessures.

Le pays découvrait à peine l’horreur des faits que déjà, au lieu d’un temps de gravité, certains cherchaient à réécrire le scénario.

« Nous n’avons rien à voir avec cette histoire »

Depuis Montpellier, Jean-Luc Mélenchon a assuré que son mouvement n’avait « rien à voir » avec le lynchage. Il a dénoncé une prétendue manipulation destinée à faire croire à « une sorte d’expédition » de leur service d’ordre. Il s’est dit « sidéré », a exprimé son « empathie », puis a bifurqué.

Car très vite, le chef des Insoumis a choisi une autre ligne : l’attaque.

Selon lui, le collectif Némésis se serait « vanté » d’être venu pour « empêcher » la conférence de fonctionner. Et, comble du cynisme, il a dénoncé ce qu’il appelle une « garde à vue télévisée » infligée à son entourage par les médias.

Le procédé est connu : déplacer le centre de gravité. Ne plus parler du jeune homme massacré, mais du traitement médiatique. Ne plus évoquer la violence subie, mais la pression subie.

« C’est nous qui sommes agressés »

Le moment le plus glaçant est venu ensuite. Jean-Luc Mélenchon a martelé : « Que ce soit bien clair, c’est nous qui sommes agressés ! »

Alors qu’un étudiant de 23 ans vient de mourir après un passage à tabac, le leader d’un grand parti politique explique que la véritable victime, ce serait lui. Son mouvement. Ses réunions. Ses locaux.

Il évoque des dégradations de permanences, accuse « l’extrême droite », assure que ses militants sont agressés « nuit et jour ». Peut-être. Toute violence mérite condamnation. Mais enfin : de qui parle-t-on ?

D’un jeune homme laissé pour mort sur un trottoir lyonnais.

À cet instant, la décence commandait autre chose qu’une inversion accusatoire.

La question de la Jeune Garde

Les premières accusations visent des membres de la Jeune Garde, groupuscule d’ultragauche déjà connu pour des actions musclées. Or, par le passé, Jean-Luc Mélenchon n’avait pas hésité à qualifier cette organisation d’« alliée » du mouvement insoumis. L’un de ses fondateurs, Raphaël Arnault, est aujourd’hui député LFI.

Coïncidence ? Proximité idéologique ? Simple convergence militante ? L’enquête le dira. Mais le malaise est là.

Quand on a soufflé sur les braises pendant des années, quand on a théorisé l’affrontement permanent contre « l’extrême droite », peut-on sérieusement feindre la stupeur absolue lorsque certains passent de la rhétorique au gourdin ?

Une mécanique dangereuse

Ce qui choque, ce n’est pas seulement la défense d’un camp politique. C’est la mécanique.

On parle d’un mort. On répond « manipulation ».
On évoque des agresseurs se réclamant de l’antifascisme. On répond « complot médiatique ».
On s’interroge sur des liens militants. On répond « nous sommes les victimes ».

À force d’inverser les rôles, on finit par brouiller toute boussole morale.

Quentin ne reviendra pas. Sa famille enterre un fils. Et pendant ce temps, au lieu d’un sursaut, on assiste à une bataille sémantique pour savoir qui serait, en réalité, le plus agressé.

Il y a des moments où l’on attend d’un responsable politique qu’il élève le débat. Ici, il l’a abaissé.

La France mérite mieux que cette indécence.

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