La candidate du parti Reconquête à la mairie de Paris, Sarah Knafo, a indiqué qu’elle serait prête à proposer une alliance avec l’ensemble des formations de droite si elle arrivait en tête au premier tour des élections municipales de 2026. Cette position s’inscrit dans un contexte politique marqué par une forte fragmentation du camp conservateur dans la capitale.
Une stratégie d’ouverture affichée
Intervenant sur BFMTV, Sarah Knafo a expliqué qu’elle proposerait un rassemblement politique si sa liste arrivait en tête lors du premier tour. Elle a évoqué la possibilité de gouverner avec plusieurs personnalités issues de différentes sensibilités de droite, citant notamment Rachida Dati, candidate des Républicains, Thierry Mariani pour le Rassemblement national et Pierre-Yves Bournazel, représentant Horizons-Renaissance.
La candidate a justifié cette position en affirmant qu’un tel rapprochement pourrait permettre de constituer une majorité municipale autour de thèmes qu’elle considère prioritaires, notamment la sécurité et la gestion des finances publiques. Elle a estimé que les divergences politiques pourraient être dépassées si les formations concernées partageaient ces objectifs.
Un contexte électoral fragmenté
Selon une étude d’opinion réalisée par Cluster 17 pour Politico, Sarah Knafo serait créditée d’environ 10 % des intentions de vote au premier tour, soit le seuil nécessaire pour se maintenir au second tour. Elle se situerait derrière Emmanuel Grégoire, candidat d’une union de la gauche hors La France insoumise, donné à 33 %, ainsi que Rachida Dati avec 26 %. Pierre-Yves Bournazel serait estimé à 14 %, tandis que Sophia Chikirou, candidate de La France insoumise, atteindrait 12 %.
Ces données illustrent la dispersion des candidatures à droite et au centre, facteur susceptible de peser sur l’issue du scrutin. La question d’éventuelles alliances entre les deux tours apparaît ainsi comme un enjeu stratégique majeur.
Des réticences persistantes au sein de la droite
Rachida Dati s’est jusqu’à présent montrée prudente à l’égard d’une alliance avec Reconquête. Elle a rappelé un différend ancien avec Éric Zemmour, compagnon de Sarah Knafo, en évoquant des propos qu’elle juge offensants à son encontre. Elle a également souligné que cette perspective ne correspondait pas, selon elle, à ses convictions politiques.
Sarah Knafo a répondu en estimant que revenir sur ces différends constituait une erreur dans le contexte électoral actuel. Elle a affirmé que les enjeux municipaux devaient primer sur les tensions personnelles, tout en indiquant qu’elle-même pouvait être affectée par certaines critiques, notamment lorsqu’elle est qualifiée d’extrême droite par certains de ses adversaires.
Des critiques venues d’autres responsables politiques
La perspective d’une alliance incluant Reconquête suscite également des réactions dans le camp « conservateur ». Michel Barnier, ancien Premier ministre et député Les Républicains de Paris, a reconnu à Sarah Knafo certaines qualités politiques tout en soulignant que sa proximité au Parlement européen avec le groupe « Europe des nations souveraines », qui comprend notamment des élus allemands de l’AfD, constituait un obstacle politique important.
Michel Barnier a insisté sur la nécessité, selon lui, d’une clarification idéologique concernant ces alliances européennes, estimant que cette question pouvait peser sur la crédibilité d’une éventuelle union à l’échelle municipale.
Un enjeu central pour le second tour
Les municipales parisiennes se déroulent dans un système électoral à deux tours favorisant les regroupements entre les listes qualifiées pour le second tour. Dans ce cadre, la capacité des différentes formations politiques à nouer des alliances constitue souvent un facteur déterminant pour la constitution d’une majorité au Conseil de Paris.
La position exprimée par Sarah Knafo s’inscrit donc dans une logique classique de négociation électorale, mais elle intervient dans un paysage politique marqué par des rivalités internes et des divergences programmatiques persistantes entre les différentes forces de droite.
La campagne municipale parisienne s’annonce ainsi comme un test de la capacité des formations politiques à dépasser leurs divisions dans un scrutin où l’équilibre des alliances pourrait décider du résultat final.


