Pour la première fois depuis le lancement de la campagne municipale parisienne, un sondage crédite Sarah Knafo d’un score lui permettant d’envisager une qualification au second tour. La barre symbolique des 10 % est franchie, selon une enquête Cluster 17, et avec elle un seuil politique que ses adversaires comme ses détracteurs jugeaient hors d’atteinte il y a encore quelques mois.
À Paris, où les candidatures dites « hors système » sont traditionnellement contenues dans des marges étroites, cette progression ne relève pas d’un simple bruit de fond statistique.
Une dynamique qui s’installe
La hausse est nette : quatre points gagnés depuis la précédente vague de sondage. Dans un paysage électoral parisien saturé, où la notoriété précède souvent le projet, cette évolution traduit une dynamique réelle. La candidate de Reconquête ne se contente plus d’exister médiatiquement ; elle agrège un électorat identifiable, stable, et visiblement en croissance.
Cette percée se produit sans ralliement spectaculaire, sans coalition artificielle, sans appui massif des grandes machines partisanes. Un fait suffisamment rare pour être souligné.
Une droite fragmentée, un espace ouvert
La stagnation de Rachida Dati, désormais distancée par Emmanuel Grégoire, laisse un espace politique béant à droite. Cet espace, Sarah Knafo l’occupe avec méthode, constance et un discours qui tranche avec la prudence technocratique ambiante.
Pendant que certains tentent de préserver des équilibres internes ou des carrières nationales, elle parle sécurité, propreté, autorité municipale, gestion concrète — autant de thèmes qui résonnent dans une capitale fatiguée de l’idéologie hors-sol.
La fin du procès en illégitimité
Longtemps cantonnée au rôle de « candidature de témoignage », Sarah Knafo change de statut. La qualification potentielle au second tour ne serait plus un accident mais l’aboutissement logique d’un travail de terrain et d’une cohérence politique.
Ce basculement contraint désormais ses adversaires à la prendre au sérieux, et ses commentateurs à revoir leurs certitudes.
Paris, laboratoire politique inattendu
Ville réputée imperméable à toute remise en cause de son logiciel politique dominant, Paris pourrait devenir le lieu d’une surprise majeure. Non pas par un effondrement brutal des forces en place, mais par l’irruption progressive d’une alternative que l’on refusait jusqu’ici de regarder autrement que par le prisme du mépris.
Et lorsque le mépris ne suffit plus à contenir une dynamique électorale, c’est souvent que quelque chose a déjà changé.
Une candidature que l’on disait impossible est en train de devenir, tout simplement, plausible.

