Affaire Morandini : CNews s’enfonce, les stars de l’antenne se désolidarisent… et Philippe de Villiers aussi !

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Depuis deux semaines, la chaîne d’information en continu CNews est entrée dans une crise interne sans précédent. Le 14 janvier dernier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, condamnation résultant d’envois de messages à caractère sexuel adressés à trois adolescents. Malgré cette décision qui ne laisse plus place au doute juridique, Morandini continue de présenter quotidiennement son émission, Morandini Live, sur la chaîne.

Cette situation avait déjà provoqué des remous dans les rangs des journalistes et du public : maintenir à l’antenne un animateur définitivement condamné pour de tels faits, avec inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, apparaît comme une fracture morale inédite pour un organe d’information.

L’étrange mea culpa de Morandini

Derniers rebondissements : ce vendredi 30 janvier, Jean-Marc Morandini a publié un message sur X dans lequel il renonce à tous recours judiciaires et présente ses « excuses les plus sincères et les plus humbles » aux personnes qu’il dit avoir blessées par ses écrits. Il demande également qu’on lui « accorder[e] une seconde chance ».


Ce revirement intervient après dix ans de procédures judiciaires et survient peu après qu’il s’est déjà désisté d’un autre pourvoi concernant une condamnation pour harcèlement sexuel, rendant également cette autre peine définitivement applicable.

Cette tentative d’apaisement, loin d’éteindre les critiques, a au contraire mis en lumière les fractures internes au sein de CNews.

La déchirure à CNews : des stars de la chaîne montent au front

La gestion de cette affaire par la direction de CNews ne fait plus l’unanimité à l’intérieur même de la rédaction :

  • Sonia Mabrouk, figure emblématique de la chaîne, a plusieurs fois violemment critiqué le maintien de Morandini à l’antenne, rappelant l’importance de la lutte contre toutes formes de violences sexuelles et contestant la ligne officielle de la direction. Elle a publié plusieurs messages fermes sur X pour exprimer son désarroi et son indignation.
  • Pascal Praud a publiquement apporté son soutien à Mabrouk, estimant que ses mots reflétaient une exigence morale nécessaire et qu’elle avait « trouvé les mots justes ».
  • Laurence Ferrari s’est également exprimée, se distanciant de Morandini tout en déclarant qu’elle restait attachée à la mission journalistique globale de CNews.

Le syndicat autonome du groupe Canal+, +Libres, a lui aussi dénoncé la situation comme une atteinte à la crédibilité du groupe et une source de remise en cause de l’image de la chaîne.

Une direction qui tient bon… pour l’instant

En face, la direction de Canal+, propriétaire de CNews, affirme assumer pleinement le maintien de Morandini à l’antenne, arguant que l’animateur n’est pas en contact avec des mineurs dans l’exercice de ses fonctions. Une position qui repose sur des arguments juridiques techniques plus que sur un arbitrage moral.

Cette obstination a déjà commencé à provoquer des réactions politiques : certains élus, dont des responsables du Rassemblement National, ont été appelés à boycotter l’émission de Morandini, refusant de légitimer une tribune tenue par quelqu’un sous le coup d’une condamnation criminelle.

Une télévision fracturée

Cette affaire est révélatrice d’un malaise plus large : comment une chaîne d’information peut-elle concilier son rôle d’éclaireur public avec la présence durable à l’antenne d’un animateur définitivement condamné pour des faits aussi graves ?

Chez certains visages de CNews, le choix est déjà fait : ils préfèrent mettre en avant une certaine éthique journalistique plutôt que la défense corporatiste d’un confrère. Chez d’autres, la priorité reste l’audience et la logique d’entreprise.

La polémique Morandini n’est pas près de s’éteindre. Elle est en train de poser une interrogation profonde au cœur du paysage audiovisuel français et de ce que la société attend encore d’un service public ou d’une chaîne d’information en continu.

La rédaction du JDD, organe de presse qui appartient au même groupe que CNEWS, a affiché sn désaccord avec le maintien de Morandini à l’antenne… recevant un soutien inattendu :

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