La comparaison fait mal, et elle devient chaque année plus difficile à ignorer. D’un côté, une Allemagne qui assume de soutenir massivement ses entreprises pour préserver sa compétitivité industrielle ; de l’autre, une France qui persiste à considérer l’entreprise comme une variable d’ajustement budgétaire.
La France, championne européenne de la pression fiscale
Le budget 2026 enfonce le clou. Contrairement aux promesses répétées, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est maintenue, tout comme la CVAE, cette taxe de production dont la disparition avait pourtant été actée. Résultat : sur les efforts budgétaires annoncés, une part écrasante repose directement sur les entreprises.
La France figurait déjà parmi les pays européens où la ponction sur l’activité économique est la plus lourde. Elle le restera. Prélèvements obligatoires élevés, empilement de taxes, instabilité fiscale chronique : le message envoyé aux entrepreneurs est limpide, même s’il n’est jamais formulé ainsi.
L’Allemagne fait le choix inverse
Outre-Rhin, le raisonnement est radicalement différent. Face aux fragilités de son industrie et à la concurrence internationale, Berlin a décidé d’alléger la charge pesant sur le secteur privé. Un vaste paquet d’aides fiscales, chiffré à plusieurs dizaines de milliards d’euros, a été adopté pour soutenir l’investissement, moderniser l’appareil productif et sécuriser l’avenir industriel du pays.
Le contraste est d’autant plus frappant que l’Allemagne part d’un niveau de taxation des entreprises déjà nettement inférieur à celui de la France, notamment sur les impôts dits « de production », qui pénalisent directement la compétitivité sans tenir compte des résultats.
Deux philosophies économiques irréconciliables
La différence ne tient pas seulement à des chiffres ou à des pourcentages. Elle révèle deux visions opposées du rôle de l’État. En Allemagne, l’entreprise est perçue comme un pilier de la puissance économique, qu’il convient de renforcer. En France, elle demeure trop souvent un suspect permanent, sommé de contribuer toujours davantage au financement des dépenses publiques.
Ce choix n’est pas neutre. Il pèse sur l’investissement, sur l’emploi, sur l’attractivité du territoire. Il alimente aussi un sentiment de décrochage chez les entrepreneurs français, qui voient leurs concurrents européens évoluer dans un environnement bien plus favorable.
Un aveuglement persistant à Paris
Malgré les alertes répétées, malgré les comparaisons internationales, la ligne ne bouge pas. La France continue de repousser les réformes structurelles tout en augmentant la pression fiscale sur ceux qui produisent, innovent et embauchent. L’Allemagne, elle, prépare l’avenir.
À force de taxer ses forces vives, la France prend le risque de ne plus en avoir.

