La Cour des comptes hurle, le pouvoir détourne le regard

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Ce n’est ni une surprise ni une révélation. C’est un constat, répété, documenté, chiffré. Une fois de plus, la Cour des comptes alerte sur l’état des finances publiques françaises. Et une fois de plus, l’exécutif regarde ailleurs. Le rapport est sévère, le ton inquiet, les perspectives sombres. Mais à Paris, la routine budgétaire continue comme si de rien n’était.

Une charge de la dette devenue incontrôlable

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, la charge de la dette atteint 65 milliards d’euros. En 2026, elle grimperait à 74 milliards. À ce rythme, les intérêts seuls pourraient frôler les 100 milliards d’euros à l’horizon 2029. Autrement dit : bientôt davantage que le budget des Armées, presque autant que celui de l’Éducation nationale. Un pays qui travaille d’abord pour ses créanciers, avant d’investir pour son avenir.

Déficits chroniques et promesses creuses

Le déficit public plafonne à des niveaux que même Bruxelles peine à tolérer. 5,8 % du PIB en 2024, une dette qui dépasse largement les 3 300 milliards d’euros, soit plus de 110 % de la richesse nationale. La Cour rappelle qu’il faudrait trouver plus de 100 milliards d’euros d’économies ou de recettes nouvelles pour revenir sous la barre des 3 %. Mais personne ne dit comment. Personne ne dit où. Personne ne dit quand.


L’État dépense, la note est reportée

Chaque loi de finances promet des « efforts ». Chaque débat budgétaire parle de « responsabilité ». Dans les faits, les dépenses continuent d’augmenter, les réformes structurelles sont repoussées, édulcorées ou abandonnées. Les décisions impopulaires sont différées, renvoyées au quinquennat suivant, au gouvernement d’après, aux Français de demain.

Gouverner sans compter, transmettre sans scrupule

La Cour des comptes le dit sans détour : tous les efforts non réalisés aujourd’hui devront être assumés plus tard. Traduction : l’addition sera réglée par ceux qui n’ont encore rien décidé. Une génération qui héritera d’un État obèse, d’une dette colossale, d’une marge de manœuvre réduite à peau de chagrin. Gouverner à crédit n’est pas une politique, c’est une fuite en avant.

Le silence assourdissant du pouvoir

Face à cette alerte de plus, aucune inflexion majeure, aucun sursaut visible. Le pouvoir préfère les effets d’annonce, les arbitrages de court terme, la communication rassurante. Pendant ce temps, la réalité budgétaire se rappelle méthodiquement à lui. La Cour des comptes avertit. Les chiffres s’accumulent. Et l’État persiste à vivre au-dessus de ses moyens, comme si la facture n’arriverait jamais.

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