Selon des données relayées par le syndicat étudiant UNI, près d’un logement sur trois géré par le Crous est aujourd’hui occupé par un étudiant étranger. Un tiers. Le chiffre est brutal, et il suffit à lui seul à comprendre pourquoi la colère gronde sur les campus. Une proportion spectaculaire, surtout lorsqu’on la met en regard d’un autre chiffre, beaucoup moins mis en avant : les étudiants étrangers représentent moins de 15 % de la population estudiantine totale en France.
Dans un pays confronté à une pénurie chronique de logements étudiants, cette distorsion ne peut plus être présentée comme un simple effet collatéral du système.
Une crise du logement qui frappe d’abord les Français
Chaque rentrée universitaire se ressemble. Files d’attente interminables, dossiers refusés, nuits chez des amis ou sur des canapés, parfois même dans des voitures. Pour des dizaines de milliers d’étudiants français, accéder à un logement Crous relève du parcours d’obstacles.
Or ces logements sont censés répondre à une mission claire : permettre aux étudiants issus de milieux modestes de se loger à proximité de leur lieu d’études. Une mission aujourd’hui largement dévoyée. Car pendant que des étudiants français, parfois boursiers, voient leurs demandes rejetées, des étudiants venus de l’étranger obtiennent des logements publics sans condition de ressources.
Le critère qui fausse tout
L’un des points les plus contestés du système actuel tient à un critère peu connu du grand public : la distance géographique. Plus un étudiant vient de loin, plus il est favorisé dans l’attribution d’un logement Crous.
Sur le papier, l’idée peut sembler logique. Dans les faits, elle produit un résultat absurde. Un étudiant français issu d’une famille modeste, mais domicilié à quelques dizaines de kilomètres de son université, passe derrière un étudiant étranger disposant parfois de moyens financiers nettement supérieurs.
La solidarité nationale se transforme ainsi en mécanisme automatique de préférence, sans lien avec la précarité réelle.
Une immigration étudiante en forte hausse
Le phénomène n’a rien d’anecdotique. En 2025, près de 118 000 nouveaux titres de séjour ont été délivrés au motif étudiant, en augmentation par rapport à l’année précédente. Les étudiants constituent désormais l’un des principaux flux migratoires légaux vers la France.
Ce choix politique n’est jamais assumé comme tel. Il est pourtant lourd de conséquences, notamment sur des infrastructures déjà saturées : universités, transports… et logements étudiants.
Un débat soigneusement évité
Le plus frappant, dans cette affaire, reste sans doute le silence qui l’entoure. Toute tentative de mise en cause du système est immédiatement disqualifiée, réduite à une polémique jugée « malsaine » ou « stigmatisante ».
Pourtant, poser la question de l’accès prioritaire aux logements publics n’a rien d’extrémiste. Il s’agit simplement de savoir à qui doivent bénéficier, en priorité, des places financées par l’impôt des Français.
Une injustice devenue structurelle
Le problème n’est pas la présence d’étudiants étrangers en France. Il est l’organisation méthodique d’une pénurie pour les nationaux, dans un contexte où l’État refuse de hiérarchiser ses priorités.
À force de vouloir satisfaire tout le monde, le système finit par trahir ceux pour lesquels il a été conçu. Les étudiants français, eux, n’ont ni lobby international ni discours compassionnel pour défendre leur place.
Ils ont seulement des dossiers refusés, des loyers privés exorbitants, et le sentiment amer d’être devenus étrangers chez eux.

