Détruire la famille, version 2026

Photo : Cottonbro Studio

La France insoumise a déposé une proposition de loi visant à reconnaître juridiquement l’amitié et à lui accorder des droits jusqu’ici réservés à la famille : congés pour maladie ou décès, facilités successorales, fiscalité allégée, possibilité de désigner plusieurs « partenaires sociaux », reconnaissance du baptême civil, engagements mutuels formalisés devant l’administration.

Sur le papier, le projet se présente comme une simple adaptation du droit à l’évolution des modes de vie. Dans les faits, il constitue une rupture profonde : il ne s’agit plus seulement de protéger des individus isolés, mais de remodeler entièrement la hiérarchie des liens humains en plaçant l’amitié contractuelle au même niveau – voire au-dessus – de la famille.

Le glissement assumé : de la famille vers le « partenaire social »

Le cœur du dispositif est la création d’un nouveau statut juridique : le « partenaire social ». Deux personnes, ou davantage, pourraient signer un engagement d’entraide, sans lien conjugal ni familial, tout en conservant éventuellement un mariage par ailleurs.


Autrement dit, un individu pourrait être marié, parent, et en parallèle lié juridiquement à plusieurs partenaires affectifs ou amicaux, chacun ouvrant droit à des avantages sociaux, fiscaux et successoraux.

Ce n’est plus une simple reconnaissance de situations particulières : c’est l’institutionnalisation d’un modèle relationnel éclaté, modulaire, contractuel, détaché de toute filiation.

Une remise en cause directe de la cellule familiale

Depuis deux siècles, le droit français repose sur un principe clair : la famille constitue la cellule de base de la société, le lieu de la transmission, de la solidarité durable, de la responsabilité intergénérationnelle.

Avec ce texte, cette logique est inversée. La famille devient une option parmi d’autres, un cadre parmi d’autres, progressivement vidé de sa spécificité juridique.

Lorsque l’héritage, la fiscalité, les congés, l’entraide légale et la reconnaissance sociale sont détachés de la filiation et du mariage, la famille cesse mécaniquement d’être centrale. Elle devient une construction sentimentale équivalente à n’importe quelle autre relation contractuelle.

La contractualisation intégrale des liens humains

L’amitié, par nature, est libre, informelle, instable, évolutive. Elle naît et disparaît sans intervention de l’État. En voulant la codifier, la gauche radicale ne la protège pas : elle la transforme en objet administratif.

Déclaration officielle, engagements chiffrés, droits calculés, obligations réciproques, fiscalité adaptée : la relation humaine devient un dossier.

Ce mouvement est cohérent avec une vision technocratique de la société où tout doit être mesuré, encadré, normé, déclaré, homologué.

Polyamour discret et partenaires multiples

Le texte précise qu’aucune limite stricte ne serait posée au nombre de partenaires sociaux. Un individu pourrait donc cumuler plusieurs engagements affectifs reconnus par la loi, tout en étant marié.

Ce n’est pas anodin. C’est l’introduction indirecte, mais parfaitement assumée, d’un modèle relationnel inspiré du polyamour : pluralité des liens intimes, dilution de l’exclusivité, disparition de la stabilité comme valeur structurante.

Sans jamais employer le mot, la proposition ouvre juridiquement la voie à un système où l’attachement devient fractionné, temporaire, interchangeable.

L’idéologie derrière le vocabulaire compassionnel

Le discours officiel invoque la solitude, les familles éclatées, les nouvelles formes de vie, les injustices sociales.

Mais derrière cette rhétorique se dessine un projet idéologique ancien : affaiblir les structures naturelles pour renforcer la dépendance à l’État.

Une famille solide protège, soutient, transmet, amortit les crises. Un individu isolé, entouré de contrats précaires et de liens juridiques révocables, dépend des administrations, des prestations, des dispositifs publics.

C’est le cœur du logiciel politique de la gauche radicale : remplacer les solidarités organiques par des mécanismes étatiques.

Une révolution anthropologique à bas bruit

Après le mariage pour tous, après la déconstruction de la filiation biologique, après la dissociation progressive entre sexe, parentalité et identité, vient désormais la déconstruction du lien familial lui-même.

Chaque réforme est présentée comme technique, humanitaire, marginale. Ensemble, elles dessinent une transformation profonde de l’anthropologie sociale occidentale : l’individu détaché de ses racines, relié à d’autres par des contrats révisables, administré par l’État.

Ce projet ne cherche pas à corriger des injustices ponctuelles, mais à produire un nouveau modèle humain.

Une proposition vouée à l’échec… mais révélatrice

Le texte a heureusement peu de chances d’être voté en l’état. Il sera « découpé », fragmenté, redéposé sous d’autres formes : congés élargis ici, statut intermédiaire là, fiscalité adaptée ailleurs.

C’est une méthode désormais classique : avancer par touches successives, sans débat global, sans assumer frontalement la remise en cause de la famille.

Chaque petit pas paraît anodin. L’ensemble constitue une révolution silencieuse.

La famille n’est pas détruite par décret, elle est lentement rendue inutile.

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Le Journal des Francais