Immigration : la France submergée, l’État immobile

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La France a changé profondément, rapidement, peut-être irréversiblement, sans débat clair, sans choix collectif assumé, mais surtout sans aucun mandat populaire. Les gouvernements se sont succédé en expliquant que tout était sous contrôle, que la situation était maîtrisée, que l’immigration constituait une chance, une richesse, une nécessité économique.

Dans les villes, les campagnes, les services publics, chacun voit pourtant une autre réalité : pression constante sur le logement, sur l’école, sur la sécurité, sur l’hôpital, sur la cohésion sociale elle-même.

Ce décalage entre le discours officiel et l’expérience quotidienne constitue désormais une fracture politique majeure.


Une politique qui n’a jamais existé

Depuis des décennies, le sujet est traité comme une gêne passagère qu’il suffirait de contourner. On annonce des plans, on crée des commissions, on publie des rapports, on multiplie les déclarations solennelles. Puis tout continue.

Aucune ligne durable. Aucune stratégie lisible. Aucun objectif chiffré sérieux. Aucun contrôle cohérent.

L’immigration n’a pas été pilotée : elle a été subie, tolérée, parfois encouragée, toujours niée dans ses conséquences.

L’illusion de l’intégration automatique

Le mot revient sans cesse dans les discours : intégration. Comme si la simple présence sur le territoire suffisait à produire mécaniquement une adhésion aux règles communes, à la culture, aux mœurs, à l’autorité de l’État.

Or intégrer suppose des structures solides, une école exigeante, une politique du logement rigoureuse, un marché du travail dynamique, une autorité respectée. Rien de tout cela n’est aujourd’hui à la hauteur des flux observés.

On promet une société harmonieuse tout en organisant matériellement les conditions de la séparation.

Les chiffres qu’on ne commente jamais

Chaque année, des centaines de milliers de titres de séjour supplémentaires. Des régularisations continues. Des déboutés du droit d’asile qui restent sur le territoire. Des filières clandestines parfaitement structurées.

Dans le même temps, des communes asphyxiées, des policiers débordés, des magistrats saturés, des enseignants impuissants.

Le système tient par inertie administrative, non par volonté politique.

La comédie des lois symboliques

Régulièrement, un texte est présenté comme un tournant historique. Quelques semaines de débats. Des compromis bancals. Des postures indignées. Puis une censure partielle, un détricotage juridique, un retour à la situation antérieure.

On légifère pour donner l’impression d’agir, pas pour changer réellement le cours des choses.

La souveraineté est devenue un mot abstrait, vidé de sa substance concrète.

Le peuple ne croit plus aux explications officielles

Ce n’est pas l’extrémisme qui progresse, c’est la lucidité. Quand les citoyens constatent que ce qu’on leur raconte ne correspond plus à ce qu’ils vivent, la confiance disparaît.

Ils entendent parler de valeurs universelles, mais voient leurs quartiers se fragmenter.
Ils entendent parler de contrôle, mais constatent l’impuissance.
Ils entendent parler d’humanité, mais vivent l’insécurité quotidienne.

Cette dissonance alimente la colère, la résignation ou le repli.

Le cœur du problème n’est pas aux frontières

Les responsables aiment invoquer l’Europe, les conflits lointains, la mondialisation, les trafiquants. Tout sauf eux-mêmes.

Pourtant, les décisions se prennent à Paris. Dans les ministères. Dans les cabinets. Dans les hautes administrations. Là où vivent rarement ceux qui subissent directement les effets des politiques menées.

La crise migratoire française n’est pas importée : elle est administrée.

La France ne manque pas de moyens, elle manque de dirigeants prêts à préférer l’intérêt du pays à leur tranquillité personnelle.

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