Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé mardi soir qu’il ne permettrait pas la création d’un État palestinien à Gaza. Il a déclaré que cette hypothèse « n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu », rappelant s’être opposé à plusieurs reprises à toute reconnaissance d’un État palestinien dans les territoires concernés.
Ces propos ont été tenus lors d’une conférence de presse, au lendemain du retour en Israël de la dernière dépouille d’otage enlevé lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Deux priorités affichées : Hamas et démilitarisation
Le chef du gouvernement israélien a présenté deux objectifs immédiats pour la suite des opérations : « désarmer le Hamas » et « démilitariser Gaza ». Il a précisé que cela impliquait l’élimination des armes et des réseaux de tunnels construits par le mouvement islamiste palestinien.
Selon lui, aucune reconstruction du territoire palestinien ne sera autorisée tant que ces deux missions ne seront pas menées à leur terme. Il a ajouté avoir informé le président américain Donald Trump que ces objectifs seraient atteints « facilement ou difficilement », mais dans tous les cas « jusqu’au bout ».
Le cadre du cessez-le-feu et le plan américain
Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre sous pression américaine. Le Hamas a réaffirmé son engagement envers cet accord, tout en refusant jusqu’à présent de déposer les armes aux conditions posées par Israël.
La deuxième phase du plan soutenu par Washington prévoit pourtant le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne — qui contrôle encore environ la moitié de la bande de Gaza — ainsi que le déploiement d’une force internationale.
Netanyahou a rejeté toute interprétation laissant penser que la reconstruction pourrait précéder la démilitarisation du territoire.
Rejet renouvelé de la solution à deux États
La guerre déclenchée après l’attaque du 7 octobre 2023 a ravivé les appels internationaux en faveur d’une solution à deux États. Le dirigeant israélien a cependant réaffirmé que cette option restait exclue.
Il a indiqué qu’Israël maintiendrait son « contrôle sécuritaire » sur l’ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer Méditerranée, ce qui inclut le territoire israélien et les territoires palestiniens occupés.
Message adressé à l’Iran et contexte régional
Le premier ministre israélien a également adressé un avertissement à l’Iran, déclarant qu’une attaque contre Israël entraînerait une riposte d’une ampleur « encore jamais vue » par Téhéran.
En 2025, les deux pays se sont affrontés durant une guerre de douze jours, déclenchée par des frappes israéliennes contre des installations militaires et nucléaires iraniennes, auxquelles les États-Unis s’étaient joints en ciblant plusieurs sites nucléaires.
Enjeux politiques internes en Israël
Sur le plan intérieur, Benyamin Netanyahou fait face à une échéance budgétaire importante. S’il ne parvient pas à faire adopter le budget de l’État avant le 31 mars, son gouvernement pourrait être confronté à des élections anticipées.
Il a estimé qu’un tel scrutin, organisé dans le contexte actuel, constituerait « une erreur ».
La position israélienne reste donc inchangée : aucune reconstruction sans désarmement, aucun État palestinien à Gaza, et un contrôle sécuritaire maintenu sur l’ensemble du territoire entre le Jourdain et la Méditerranée.

