Raphaël Arnault, député La France insoumise, n’a pas simplement laissé échapper une phrase maladroite lors d’un meeting. Il a appelé, publiquement, calmement, sous les applaudissements, à commettre une infraction pénale caractérisée : arracher les affiches électorales de ses adversaires politiques.
Dans n’importe quel pays sérieux, une telle déclaration provoquerait un tollé immédiat, des rappels à l’ordre institutionnels, voire une mise en cause politique formelle. En France, elle déclenche surtout… des vivats dans la salle.
Le vandalisme érigé en méthode politique
« C’est notre travail de militant », explique le député LFI à propos de la destruction d’affiches légalement posées. Non pas une dérive, non pas un débordement isolé, mais une mission revendiquée, presque une fonction civique nouvelle : saboter la propagande adverse.
Ainsi donc, selon cette vision, l’engagement politique ne consiste plus à convaincre, débattre ou proposer, mais à faire disparaître physiquement la parole de l’autre.
On n’argumente plus : on arrache.
On ne contredit plus : on détruit.
On ne combat plus une idée : on supprime son support.
L’État de droit traité comme un détail encombrant
Rappelons une évidence : arracher une affiche électorale est une infraction pénale, sanctionnée par le Code électoral. Ce n’est pas une subtilité juridique, c’est une règle élémentaire du jeu démocratique.
Mais pour une partie de la gauche radicale, la loi n’est respectable que lorsqu’elle sert leur camp. Lorsqu’elle protège leurs adversaires, elle devient soudain facultative, bourgeoise, suspecte.
Ce deux-poids-deux-mesures est désormais assumé publiquement par un parlementaire de la République, c’est-à-dire un homme payé pour voter les lois… qu’il invite ensuite à violer.
Le goût inquiétant de la rue
Ce type de discours n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une culture politique bien connue : celle de la rue souveraine, de la pression physique, de l’intimidation militante, du rapport de force permanent.
Aujourd’hui les affiches. Demain les meetings empêchés. Après-demain les locaux saccagés.
L’histoire politique européenne regorge d’exemples où l’on commence par « arracher du papier » avant de s’attaquer aux personnes.
Quand on justifie l’illégalité par l’idéologie, on ouvre une porte qu’on ne referme jamais proprement.
Le silence complice du camp progressiste
On cherche en vain une condamnation ferme dans les rangs de LFI. Pas de désolidarisation nette. Pas d’excuses. Pas même une gêne perceptible.
Pire : la scène est filmée, diffusée, assumée.
Dans ce milieu politique, appeler à vandaliser devient un acte militant valorisant, presque héroïque, pourvu que la cible soit classée à droite.
L’indignation sélective fonctionne à plein régime : un autocollant RN arraché devient un geste « antifasciste », quand le moindre graffiti hostile ailleurs est dénoncé comme une atteinte insupportable à la démocratie.
Une campagne municipale déjà sous le signe de la brutalité
À quelques mois des municipales, le décor est posé.
D’un côté, un discours officiel sur le « vivre-ensemble », la tolérance et la démocratie.
De l’autre, des élus qui expliquent tranquillement qu’il est légitime de piétiner les règles quand elles ne vont pas dans le bon sens.
Cette contradiction n’est plus dissimulée : elle est revendiquée comme une posture morale supérieure.
La démocratie, oui… mais seulement quand elle vote bien.

