WhatsApp sous contrôle européen : un pas de plus vers la censure des conversations privées

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L’Union européenne vient d’annoncer que WhatsApp entrait officiellement dans la catégorie des « très grandes plateformes en ligne ». Une qualification technique, en apparence anodine, mais qui entraîne une avalanche d’obligations nouvelles au nom du Digital Services Act. Officiellement, il s’agit de mieux protéger les utilisateurs. Officieusement, Bruxelles s’offre un droit de regard inédit sur ce qui circule, se dit et s’échange sur l’une des messageries les plus utilisées du continent.

Une régulation qui ne dit pas son nom

Dans la novlangue européenne, on ne parle jamais de contrôle, encore moins de censure. On évoque la « modération », la « lutte contre les contenus illicites », la « protection de la démocratie » ou la « prévention des manipulations électorales ». Des mots qui se veulent rassurants, presque généreux, mais qui ont amenés à l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle en Roumanie ! Rien de moins !


Car derrière ces formules se cache une réalité beaucoup plus brute : la Commission européenne impose désormais à WhatsApp d’évaluer, de prévenir et de corriger ce qu’elle considère comme des « risques systémiques ».

Depuis quand la liberté d’expression est-elle un risque à gérer ?

Le précédent des autres plateformes

Facebook, Instagram, X ou YouTube connaissent déjà ce régime. Le résultat est connu : fermetures de comptes sans explication claire, contenus invisibilisés, algorithmes orientés, opinions qualifiées de « problématiques » dès lors qu’elles s’écartent du consensus progressiste dominant.

WhatsApp, jusqu’ici, échappait en grande partie à cette logique parce qu’il s’agit avant tout d’un outil de messagerie privée. L’arrivée de ses « chaînes », espaces de diffusion plus larges, sert aujourd’hui de cheval de Troie réglementaire. Sous prétexte de surveiller ces canaux publics, Bruxelles installe un cadre qui, demain, pourra facilement s’étendre.

La tentation permanente du contrôle

La Commission ne s’en cache plus : elle veut pouvoir imposer des audits, exiger des rapports détaillés, dicter des procédures internes, et sanctionner lourdement en cas de manquement. Jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial pour les récalcitrants, voire l’interdiction d’opérer sur le territoire européen.

Ce n’est plus de la régulation, c’est une mise sous tutelle.

Dans une Europe où certaines opinions sont déjà poursuivies pénalement, où des débats entiers sont frappés d’anathème médiatique, confier à une autorité politique le soin de définir ce qui menace la « bonne » liberté d’expression relève d’un paradoxe dangereux.

Une pente glissante

Aujourd’hui, on promet que seules les chaînes WhatsApp sont concernées. Demain, on expliquera qu’un message privé « viral » constitue lui aussi un risque systémique. Après-demain, on invoquera la sécurité publique, la stabilité démocratique ou la cohésion sociale pour justifier de nouvelles intrusions.

L’histoire récente montre que chaque outil de contrôle, une fois créé, finit toujours par être utilisé au-delà de son cadre initial.

La liberté d’expression ne meurt jamais d’un coup, elle s’éteint à petit feu, sous des couches successives de bonnes intentions administratives.

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