France Culture vient d’innover. Après l’écologie militante, l’idéologie woke et les éditoriaux moralisateurs, voici le nouveau créneau éditorial : le tutoriel islamique appliqué au monde du travail. Un podcast, diffusé tranquillement par le service public, explique comment des salariés musulmans peuvent accomplir leurs cinq prières quotidiennes… y compris en contournant sciemment la loi.
Le service public en guide spirituel
La scène serait presque comique si elle n’était pas révélatrice. Une radio financée par tous les contribuables, croyants musulmans ou non, se transforme en conseiller pratique pour organiser l’exercice d’un culte dans des lieux où la neutralité religieuse est pourtant une obligation légale.
Le reportage donne la parole à plusieurs personnes expliquant comment prier discrètement dans des couloirs d’université, se cacher dans des bureaux verrouillés, stocker des vêtements religieux au travail, organiser des tours de guet improvisés pour éviter les contrôles. Le tout raconté sur un ton compatissant, compréhensif, parfois admiratif.
Nous ne sommes plus dans l’information, mais dans l’accompagnement logistique.
L’illégalité présentée comme une simple contrainte
Le plus frappant n’est même pas l’existence de ces pratiques – elles sont connues – mais la manière dont elles sont traitées. L’illégalité n’est jamais vraiment interrogée. Elle devient une formalité ennuyeuse, une règle un peu rigide qu’il serait presque mesquin de rappeler.
La loi, dans ce récit, n’est plus qu’un obstacle administratif face à une exigence spirituelle jugée supérieure. Et le service public se garde bien de rappeler que cette loi protège précisément la liberté de conscience de tous, y compris celle de ne pas subir l’affichage religieux dans des institutions communes.
La laïcité, variable d’ajustement
Depuis des années, l’audiovisuel public manie la laïcité comme une notion extensible. Stricte quand il s’agit de traditions françaises jugées poussiéreuses, soudain souple, nuancée, « contextualisée » lorsqu’elle concerne certaines religions.
Dans ce podcast, la neutralité n’est plus un principe structurant, mais un décor gênant. On la cite brièvement, pour la forme, avant de passer rapidement aux astuces pratiques pour s’en affranchir.
Ce n’est plus une valeur républicaine : c’est un détail technique.
Un militantisme financé par tous
Car c’est bien là le cœur du problème. Ce programme n’est pas fabriqué par une radio communautaire privée. Il est produit par Radio France, payé par l’impôt, validé par une rédaction censée incarner l’exigence, l’équilibre, la rigueur.
Or que propose-t-on ? Un récit à sens unique, sans contradicteur sérieux, sans juriste, sans représentant de l’État, sans défense réelle du cadre légal. Un récit où la transgression devient presque héroïque, et la règle, suspecte.
Le service public ne se contente plus d’informer : il prend parti.
L’audiovisuel public contre sa propre mission
On nous répète à longueur d’année que l’audiovisuel public est indispensable pour garantir une information de qualité, indépendante, pluraliste. Dans les faits, il se comporte de plus en plus comme un acteur idéologique, convaincu d’éduquer un peuple jugé trop frileux, trop attaché à ses lois, trop réticent à se réinventer.
À force de vouloir corriger la société, il en vient à dicter quelles règles méritent d’être respectées… et lesquelles peuvent être contournées.
Le contribuable finance une radio qui explique comment désobéir à la République tout en donnant des leçons de civisme.

