Le rappeur engagé… surtout dans les rubriques « faits divers »

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Le rappeur franco-malien Doums — Mamadou Coulibaly à l’état civil — a donc été placé en garde à vue. Motif : des accusations de violences conjugales portées par son ex-compagne, l’actrice Adèle Exarchopoulos. Une information judiciaire, sérieuse, documentée, lourde, mais qui, dans certains cercles médiatiques, semble devoir être manipulée avec des gants de velours.

Car il ne s’agit pas de n’importe qui : un artiste estampillé « culture contemporaine », compatible plateaux télé, festivals subventionnés et tribunes progressistes.


Un dossier qui dérange les bonnes consciences

Les faits reprochés couvriraient plusieurs années. La procédure suit son cours. La présomption d’innocence s’applique, évidemment. Mais une autre présomption semble tout aussi solide : celle de l’embarras.

Lorsqu’un inconnu de province se retrouve impliqué dans ce type d’affaire, les qualificatifs pleuvent, les plateaux s’indignent, les éditoriaux réclament des têtes.
Quand il s’agit d’un artiste labellisé, on parle de « complexité », de « contexte », de « prudence nécessaire ».

La violence serait-elle plus acceptable lorsqu’elle porte des baskets tendance et sort un EP tous les deux ans ?

Multirécidive : un détail secondaire ?

Le détail est pourtant connu : Mamadou Coulibaly, dit Doums, a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour des faits de violences. Une nouvelle plainte émane également de sa compagne actuelle.

Rien d’anecdotique donc.
Rien d’un simple « malentendu relationnel ».

Et pourtant, l’indignation automatique semble ici fonctionner au ralenti, comme un vieux modem idéologique.

Le deux poids deux mesures culturel

Dans une société où l’on traque la « masculinité toxique » jusque dans les manuels scolaires, certaines brutalités paraissent bénéficier d’une carte d’abonnement premium.

Le bon profil sociologique, la bonne carte culturelle, la bonne playlist Spotify… et soudain la barbarie devient un sujet « délicat ».

On dénonce à longueur de colonnes « le patriarcat systémique », mais on baisse la voix dès que le patriarcat porte un micro et une casquette.

L’actrice, la vitrine et le malaise

Adèle Exarchopoulos, figure installée du cinéma français, se retrouve malgré elle au cœur d’un théâtre étrange : celui d’un pays prompt à moraliser, mais lent à regarder en face ce qui dérange ses narrations officielles.

Silence prudent, communiqués minimalistes, indignation sous-titrée.

La violence conjugale est un fléau — sauf quand elle risque d’abîmer une affiche de festival ou une playlist France Inter.

Le courage à géométrie variable

On expliquera doctement qu’il faut « laisser la justice travailler ».
Fort bien.

Mais on aimerait voir la même retenue lorsque l’accusé n’appartient pas au bon milieu culturel, n’a pas les bons codes, ne coche pas les bonnes cases idéologiques.

En France, la morale est universelle, sauf quand elle menace un entre-soi soigneusement protégé.

Et c’est peut-être cela, le vrai malaise : non pas qu’un homme soit accusé de violences, mais que certains soient plus égaux que d’autres face à l’indignation publique.

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