Louis XVI déboulonné : la gauche qui décapite encore

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À Nantes, La France insoumise ne promet ni sécurité, ni prospérité, ni avenir. Elle promet une chose : déboulonner Louis XVI. Deux siècles après l’échafaud, la gauche radicale ressort la guillotine symbolique, version municipale, pour flatter ses réflexes les plus archaïques.

Le roi est mort, vive la haine.


La Révolution comme fonds de commerce

William Aucant et ses camarades rejouent 1793 comme d’autres montent une pièce de théâtre mal apprise. Même décor mental, mêmes slogans fatigués, même besoin d’un ennemi commode : un mort qui ne répond pas.

Louis XVI n’est plus un homme, ni même un personnage historique : il est devenu une cible électorale. On le transforme en « traître », en « ennemi du peuple », en caricature utile pour donner à la gauche radicale l’illusion d’un combat héroïque, à défaut d’avoir un projet sérieux pour la ville.

La politique réduite au vandalisme symbolique.

Un roi réduit à un slogan

Louis XVI fut un souverain hésitant, maladroit parfois, tragiquement dépassé par une époque qu’il ne comprenait peut-être plus totalement. Mais il ne fut ni le tyran sanguinaire, ni le monstre absolu que les manuels militants décrivent.

C’est sous son règne que furent abolies la torture judiciaire, que furent engagées des réformes fiscales, que fut soutenue l’indépendance américaine. C’est aussi un homme qui accepta une Constitution, prêta serment, tenta la conciliation, jusqu’à en payer le prix de sa vie.

Mais pour LFI, l’Histoire doit être simple : gentils révolutionnaires, méchants rois. Toute nuance est suspecte.

L’iconoclasme comme programme politique

Après les statues, les rues. Après les rues, les livres. Après les livres, les idées. La mécanique est connue.

Chaque génération d’idéologues croit purifier le monde en fracassant des symboles. Les talibans faisaient sauter les Bouddhas. Les bolcheviks rasaient les églises. La gauche municipale déboulonne des statues.

Même logique : effacer ce qui dérange plutôt que comprendre.

À Nantes, on n’améliorera ni les transports, ni la sécurité, ni la propreté en renversant un roi de bronze.

La République contre son propre héritage

Paradoxe délicieux : cette République qui se prétend solide tremble devant une statue immobile.

Si le régime est si sûr de lui, pourquoi redouter un souverain mort depuis plus de deux siècles ? Pourquoi ce besoin maladif de rejouer la Terreur à chaque campagne électorale ?

La République française est née du sang, des tribunaux d’exception et des charrettes vers la guillotine. Louis XVI en fut l’une des premières victimes, exécuté au nom d’un peuple qu’il n’avait jamais fait fusiller.

Mais cette page sombre dérange. Alors on la repeint.

Une guerre contre les morts pour éviter les vivants

Déboulonner Louis XVI ne coûte rien, ne risque rien, ne fâche aucun électeur vivant.

C’est une guerre confortable : contre un homme silencieux, figé dans le bronze, incapable de répondre.

Pendant ce temps, les vrais problèmes restent entiers. Immigration incontrôlée, insécurité, faillite des services publics, déclassement culturel : silence radio.

On préfère s’acharner sur une statue.

Louis XVI a perdu sa tête en 1793 ; certains n’ont manifestement toujours pas retrouvé la leur.

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